Long John Silver de Xavier Dorison et Mathieu Lauffray

Lady Vivian Hastings vit seule à Bristol depuis que son mari, Lord Hastings, est parti vers le nouveau monde à la recherche du fameux trésor de Guayanacapac. Comme il ne donne plus de nouvelles depuis des années, Vivian est persuadée qu’il est mort et elle songe donc à se remarier. Ses finances sont au plus bas et elle est enceinte, ce qui la force à se trouver un nouveau mari. Mais au moment où elle semble avoir trouver la perle rare (riche et peu méfiant), un homme se prétendant proche de Lord Hastings vient la voir pour l’informer que ce dernier est bien vivant. De plus, il demande à Vivian de procéder à la vente de la propriété afin de financer le départ d’un bateau vers le nouveau monde : Lord Hastings aurait trouvé le fameux trésor et il veut que sa femme le rejoigne.

Si en apparence, Vivian semble suivre docilement les commandements de son mari, en procédant à la vente des biens et acceptant de partir, elle se ménage malgré tout une porte de sortie. Le bateau et l’équipage recruté, elle fait en sorte de faire monter à bord un homme, Long John Silver, un ancien pirate qui, le moment venu saura lui obéir et tuer Lord Hastings.  Malheureusement pour la pauvre Vivian, si Long John Silver semble être l’homme de la situation, elle ignore qu’il a lui-même un plan, et qu’il est également le jouet d’autres personnages, attirés eux-aussi par la promesse d’un trésor légendaire. Le bateau quitte donc l’Angleterre, avec à son bord des vivres, des marins et des intrigants à n’en plus finir…

Quatre tomes composent cette excellente série. Les auteurs, ainsi qu’ils le rappellent au début de la bande dessinée, n’ont pas l’ambition de donner une suite au texte de Robert Louis Stevenson, L’île au trésor. Ils présentent au contraire cette série comme un hommage au roman et surtout à l’un de ses personnages emblématiques, Long John Silver. Ce dernier est donc au cœur de l’intrigue et donne aux auteurs l’occasion de revenir sur la symbolique des pirates, de ces héros des mers qui longtemps ont fait les beaux jours de la littérature pour adolescents.

L’intrigue de ces quatre tomes est classique, on retrouve avec le plus grand plaisir tous les motifs des romans de piraterie : le rhum, les trésors, les cartes, les trahisons, les mutineries et l’héroïsme. Intrigue classique et, pour le coup, extrêmement efficace. Pour avoir lu la série alors qu’elle était déjà intégralement publiée, j’ai dévoré les quatre tomes en quelques heures. Le rythme est constant sur l’ensemble des tomes, ce qui me fait dire que l’ensemble de l’histoire devait avoir été écrit (ou pensé) dès le début. Il me parait donc difficile de préférer un tome à un autre, tant l’ensemble est cohérent. Les textes sont bons, la mise en abime bien dans l’esprit du XIXe siècle, les dessins sont magnifiques et participent vraiment à l’histoire (je n’ai pas souvenir de dessins abscons, ou uniquement illustratif, au contraire, ils enrichissent tous la lecture). Enfin, on est loin de l’esprit Pirates des Caraïbes. Les pirates de cette bande dessinée ne sont pas des rock stars en mal de reconnaissance. Ils paraissent au contraire tout droit sorti de l’imagination de Stevenson.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s