Side Effects de Steven Soderbergh

Jonathan Banks (Jude Law) est un psychiatre réputé. Il vit à New York avec sa femme et leur fils. Il possède un cabinet dans lequel il est associé avec trois autres psychiatres, il multiplie les consultations et vient d’être sollicité pour participer (avec certain de ses patients) au test d’une nouvelle molécule. Comme sa femme ne parvient pas à retrouver du travail et qu’ils vivent dans le centre de Manhattan où ils scolarisent leur enfant dans une école privée, Jonathan a besoin d’argent. C’est pour cette raison qu’il suit de nombreux patients et accepte les sollicitations de grands groupes pharmaceutiques.

Alors qu’il consulte dans un hôpital de la ville, il est appelé auprès d’une patience qui vient de tenter de se suicider. Emily Taylor (Rooney Mara). Cette patiente lui explique qu’elle est simplement un peu déprimée : son mari (Channing Tatum) vient à peine de sortir de prison, il n’a pas d’emploi et leur vie est difficile en ce moment. Elle refuse donc d’être internée et accepte en échange de venir suivre une thérapie plusieurs fois par semaine dans le cabinet de Banks. En discutant avec elle, Banks découvre qu’elle avait autrefois suivi une thérapie avec l’une de ses collègues, le docteur Siebert (Catherine Zeita-Jones). Il prend contact avec elle et découvre une partie du passé trouble d’Emily. Au cours de la conversation, Victoria Siebert lui parle d’une nouvelle molécule qui fait des miracles sur ses patients et qui pourrait convenir à Emily. Avec l’accord de cette dernière, il lui prescrit cette nouvelle molécule. Au début, Emily réagit très bien au traitement, puis elle commence à faire des crises de noctambulisme.

Lors d’une de ces crises, Emily poignarde son mari. A son réveil, elle ne se souvient de rien. Le psychiatre est immédiatement montré du doigt par la patience et par les médias.

Film étrange qui semble s’engager au départ sur la voie du réalisme pour finalement, en cours de route, bifurquer vers une intrigue policière. Le début du film est assez remarquable dans sa description des collusions entre grands groupes pharmaceutiques et médecins, pour le bien des patients mais surtout pour des questions financières. Le film est sans ambigüité sur les motivations réelles de Jonathan Banks, même si le personnage reste consciencieux dans le suivi de ses patients. Avec le meurtre, on pense alors que le film va s’orienter vers une dénonciation des pratiques médicales (comme le titre pouvait le supposer), en suivant le procès de la jeune femme et sa tentative de s’acquitter du crime en mettant en avant les effets secondaires du médicament (et le manque de suivi dans les prescriptions). Le procès est finalement conclu en quelques scènes, commence alors l’enquête de Banks sur la jeune femme et le film prend un tour plus policier.

Au final, on reconnait le talent de Soderbergh pour filmer avec calme et lucidité son histoire et savoir jouer avec les ambigüités, avec les non-dits, ce qui est toujours agréable lorsqu’un réalisateur joue sur la subtilité. Les acteurs sont globalement bons, avec une mention spéciale pour Jude Law qui campe un médecin psychiatre à la fois responsable de ses patients et soucieux de son avenir financier. Rooney Mara est méconnaissable par rapport à son rôle dans Millenium. Mais cela reste un film relativement anecdotique. L’intrigue policière est peut-être de trop, dans un film qui aurait pu jouer jusqu’à la fin la carte de la crédibilité.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s