The Company You Keep (Sous surveillance) de Robert Redford

Une activiste du groupe Weather Underground, Sharon Solarz, est arrêtée par le FBI alors qu’elle vivait sous un faux nom dans une banlieue paisible des États-Unis. Lors de son interrogatoire, elle explique qu’elle avait l’intention de se rendre aux autorités, qu’elle avait pris cette décision suite à une conversation avec un autre membre du groupe (lui aussi dissimulé sous une fausse identité) et que c’est cette conversation qui a mis le FBI sur sa trace.

Un journaliste local, Ben Shepard,  est envoyé par son directeur pour enquêter sur cette femme et sur ce groupe. Il découvre que beaucoup d’anciens membres sont recherchés pour le meurtre d’un policier lors d’un braquage 30 ans auparavant, mais que jusqu’à présent le FBI n’avait jamais réussi à mettre la main sur eux. En discutant avec celui qui a parlé à Sharon avant son arrestation, Ben apprend qu’un avocat local, Jim Grant, qui pourtant semble connaitre Sharon, a refusé de prendre sa défense. Ben décide d’enquêter sur les raisons de ce refus et découvre que Jim Grant est une couverture. Jim se nomme en fait Nick Sloan, il est aussi recherché par la police pour le meurtre du policier.

Quant l’affaire est révélée au public, Jim/Nick s’enfuit. Mais contrairement à ce que pensait Ben, il ne cherche pas à disparaitre, mais visiblement à gagner du temps pour retrouver les autres membres du groupe. Est-il en train de chercher à prouver son innocence?

Damned, ils ont vieilli quand même. Je ne vais pas m’attarder sur la présence de Robert Redford derrière et devant la caméra. Comme Woddy Allen, il devrait maintenant laisser la place. Le voir courir pendant tout le film, le FIB aux fesses, est assez pathétique. On a l’impression qu’il va faire une crise cardiaque à chaque fois qu’il doit courir 100 mètres et le FBI n’arrive pas à le ratrapper.

Le film de traque est assez conventionnel, le poursuivi a une longueur d’avance sur ses poursuivants parce qu’il est plus malin. Il ne se fait attraper que lorsqu’il juge bon de se laisser attraper (ici pour faire diversion et sauver un autre membre du groupe). Le film journalistique est assez pathétique. Shia Leboeuf est relativement convainquant dans son rôle, mais ce rôle est tellement caricatural qu’on en a mal pour lui. Le garçon apprendra que toute vérité n’est pas bonne à dire, notamment quand elle concerne la vie privée des gens. Ouais, on attendrait mieux d’un film sur les mouvements de protestations dans les années 70. Au final, le petit journaliste reçoit une leçon de vie du vieux activiste, sur le respect de la vie privée. On croit rêver.

Quant au film politique, il est assez light. Redford nous dit que ces activistes avaient foi en leur idée mais que trop peu nombreux ou pris par leurs responsabilités en tant qu’individus (par rapport à leurs enfants notamment), ils se sont rangés, sans véritablement se trahir pour autant. Peu de choses sont dites sur les raisons et les choix du mouvement (on comprend qu’ils ont commis des attentats et des braquages, mais pas pourquoi), la plupart se sont rangés (mère de famille, avocat, prof), la seule qui soit restée fidèle à ses idées est devenue trafiquante de drogue.

A quelques moments, il y a un semblant de prise de position. L’activiste répond au journaliste qu’elle a toujours regretté la mort de l’agent, que le groupe était pacifiste, que leur violence était moindre comparée à celle du gouvernement envers le Vietnam. Mais là on sent que Redford n’ose pas aller sur le terrain de la justification d’attentats, pas dans une Amérique post-11-Septembre. Donc le personnage dit qu’il n’avait pas le choix (ce qui est probablement faux) et qu’il vit depuis 30 ans sur ses remords. La trafiquante oppose l’interdiction des drogues à la tolérance envers les grandes compagnies qui violent des droits humains. Mais là encore, l’idée est jetée comme ça dans le film, par une trafiquante qui plus est, ce qui clôt tout débat. Au final, un petit film sur un grand sujet.

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