Only God Forgives de Nicolas Winding Refn

L’univers glauque de Bangkok à travers le destin tragique de deux frères, dealers de drogue. Julian et Billy sont deux Américains installés en Thaïlande pour faire fortune dans la drogue, même si occasionnellement, ils prétendent gérer une salle de boxe. Billy décide un soir qu’il veut se faire une mineure. Il finira dans un hôtel douteux, au côté de la prostituée qu’il vient de tabasser à mort. Un flic, appelé sur place, contactera le père de la victime, puis le laissera seul avec Billy dans la chambre où le corps est encore présent. Une fois le père vengé et Billy gisant sur le sol, la tête complètement fracassée, le flic tuera le père pour ne pas avoir su protéger ses filles. Affaire close, mais c’est sans compter sur la mère de Billy, qui rapplique en Thaïlande et demande à ce que son fils soit vengé. Voyant que Julian ne fait rien, elle prend les choses en main, pour le pire et … le pire.

Les critiques insistaient beaucoup sur la violence du film. Effectivement, le film est violent, mais je m’attendais à pire. On ne peut pas vraiment dire que ces scènes de violence soient esthétisantes. Certes, elles sont extrêmement mises en scène, pas dans le but de les rendre belles, mais au contraire pour en souligner la brutalité. Enfin, c’est comme cela que je l’ai perçu. Mention spéciale à la scène de combat à mains nues entre Gosling et Vithaya Pansringarm (Chang). Gosling a beau faire étalage de sa virilité avant le combat, il se fait laminer par Chang. C’est émouvant de le voir tenter de toucher son adversaire, de le rater un nombre incalculable de fois, de se prendre un revers et de s’étaler comme une masse au sol. 

Les critiques insistaient aussi sur le mutisme des personnages. Effectivement, le film n’est pas bavard. On a même l’impression que les personnages ne parlent qu’au travers de leur violence. Gosling ne doit pas aligner plus de dix mots dans une scène, en cela il ressemble beaucoup à son personnage de Drive (en pire toutefois). Il y a un très vague parallèle entre violence et sexe. Faute d’une maîtrise parfaite du langage, et parce qu’ils sont rongés par leur propre violence, les personnages ne parviennent pas à créer des liens affectifs (notamment Gosling).

Au final, un film que l’on peut suivre et regarder, contrairement à ce que disaient les critiques. Le réalisateur joue beaucoup sur sa mise en scène, sur ses effets de couleur (on se croit parfois dans Twin Peaks), un peu trop quand on voit la simplicité du scénario. J’ai beaucoup aimé sa manière de filmer Bangkok. Pas le meilleur film de Refn, mais pas le pire film vu cette année.

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