Top of the Lake de Jane Campion et Gerard Lee

Une jeune fille quitte la maison familiale pour se rendre à son collège. Sur le chemin, elle s’arrête au bord d’un lac et entre tout habillée dedans. Un car scolaire avec à son bord une enseignante vient à passer par là. L’enseignante sort la jeune fille de l’eau et l’envoie à l’infirmerie dès leur arrivée au collège. L’infirmière découvre alors que la jeune fille, âgée de 12 ans et se prénommant Tui, est enceinte.

La police prend en charge l’affaire et fait appel à Robin Griffin pour entrer en contact avec Tui. A la question « qui t’a fait ça? », Tui répond « No One ». L’investigation commence sans le concours du père de Tui, très récalcitrant dès qu’il s’agit de police. Ce dernier est en effet un dealer notoire que la police n’a jamais réussi (ou voulu) capturer.

Alors que Robin vient à peine de commencer son enquête, sur le père notamment, Tui disparaît.

La série a été écrite et réalisée en partie par Jane Campion. Elle ne comportait que six épisodes (sept, suite à un redécoupage de la saison). Du beau monde était au rendez-vous: Peter Mullan qui joue le père, Elisabeth Moss (Madmen) qui joue la détective, Holly Hunter qui joue une espèce de gourou féministe. Bref, on s’en frottait les mains d’avance.

Que nenni. Assez rapidement, on est confondu par l’incongruité de certaines scènes (le flic qui ramène Tui chez son père alors qu’il y a un soupçon de viol le concernant et qu’elle est enceinte) et par l’agencement artificiel mis en place dans les épisodes (en d’autre terme, les épisodes créent des rebondissements simplement en retardant l’explication de manière complétement téléphonée). Une scène surprenante dans l’épisode 1 (genre la flicette pleure devant les photos de Tui) trouve son explication dans l’épisode 2 (elle a été elle-même enceinte au même âge), et devient banale (ah ok, elle fait un transfert). L’originalité ne tient, du coup, que par le fait que le spectateur ne comprend pas ce qui se joue. Car au final, cette histoire de jeune fille violée est d’une banalité affligeante, la série ne parvient à créer de l’originalité qu’au prix d’une mise en scène et d’une narration tarabiscottées. Parfois, on ressent un air de déjà vu avec Twin Peaks, mais l’ambiance malsaine de Twin Peaks est ici tellement forcée qu’elle en devient ridicule : les multiples rebondissements histoire de charger la mule du glauque finissent par saturer le spectateur qui n’y croit décidément plus.  

Ensuite, tous les personnages de cette série me sont antipathiques. Y compris Tui. Il y a comme une tentative de montrer un décor naturel extrèmement beau (et là on ne peut que saluer la qualité de réalisation) et, gesticulant dans ce décor magnifique, de vrais abrutis, de vraies brutes à peine civilisées. Le père de Tui est un connard fini, on ne comprend pas pourquoi la police ne le met pas en taule (si ce n’est qu’elle est corrompue). Ses fils sont encore plus débiles que lui. La flicette a du mal avec ses neurones, elle passera trois épisodes à ne pas comprendre la phrase de Tui : No One peut désigner le père (c’est son surnom) mais peut également désigner plusieurs coupables. Le spectateur le comprend d’emblée, elle mettra trois épisodes à l’envisager, et encore c’est parce qu’à un moment elle se souvient qu’elle a été elle-même victime d’un viol collectif. Le personnage de Holly Hunter ne sert qu’à débiter des platitudes écolo-philosophiques (genre surrender to the magnificient intelligent of your body, Your body knows, super).

Une scène remarquable, celle de la mort de Jamie. Plus ou moins gâchée par la suite (la mère qui se fait une soirée de consolation avec ses copines féministes alors qu’elle vient de perdre son fils unique, étrange). Quant au final, la grande révélation tant attendue, elle m’a fait penser à Red Riding. Série britannique sur des faits relativement similaires, mais qui ne cherchait pas les effets de manche, les révélations de dernière minute. Dans Red Riding, tout le monde sait, y compris le spectateur, et tout le monde voit/comprend pourquoi rien ne change.

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