Sweet Tooth d’Ian McEwan

Sweet Tooth de Ian McEwanRoman publié en août 2012 par Ian McEwan, et qui raconte l’histoire de Serena Frome, espionne au service du MI5. Serena est la fille d’un évêque anglican, et a obtenu un diplôme en mathématiques à l’université de Cambridge. Problème, si Serena est douée en maths, elle n’en préfére pas moins la littérature. Durant son cursus universitaire, elle a une relation adultérine avec un enseignant, Tony Canning, qui tout en mettant fin à sa relation avec elle (au prétexte que sa femme venait de découvrir cette relation), lui a permis de rentrer dans les services intérieurs britanniques.

En tant que femme, Serena ne peut prétendre à autre chose qu’un vulgaire emploi de sécrétaire au sein du MI5, mais sa passion pour la littérature va lui permettre de devenir agent et d’être envoyée sur le terrain. Sa mission, surnommée Sweet Tooth, consiste à encourager un écrivain, Thomas Haley, pour qu’il publie des romans ou des nouvelles anti-commnunistes, en se faisant passer pour une envoyée d’une fondation, ayant pour but de promouvoir les écrivains de demain. Serena prend contact avec l’écrivain, et tombe rapidement dans le piège de la relation amoureuse, alors même qu’elle ne sait toujours pas comment influer sur son écriture.

Auparavant, j’avais beaucoup reproché aux romans de McEwan (notamment Enduring Love et Saturday) d’avoir une entrée en matière tonitruante, des scènes en début de roman qui saisissaient littéralement le lecteur, le faisant entrer complétement dans l’intrigue. Et je trouvais ensuite que les romans s’essoufflaient et que, hormis ces débuts prometteurs, McEwan n’arrivait jamais à maintenir le cap (quelques fois, la fin apportait un second souffle, mais j’avais toujours cette impression de centre mou dans ses romans, à l’exception d’Atonement que je trouvais maitrisé du début à la fin). Dans Sweet Tooth, point de début tonitruant, le roman adopte un rythme de croisière dès le début et ce rythme (presqu’une absence de rythme) va durer jusqu’à la fin.

Le roman est très monotone, à la limite de l’ennui. J’ai essayé à plusieurs reprises d’anticiper la suite du roman ou l’axe autour duquel il allait se construire: une réflexion sur les relations entre maths et littérature (1ère hypothèse, vite écartée), puis une possible mise en abîme de l’écriture par l’introduction des récits d’Haley dans la narration (2ème hypothèse, qui n’a abouti qu’à une impasse), une réflexion sur les liens entre espionnage et littérature (3ème hypothèse, peu probante non plus). Toutes ces suppositions sont restés vaines, car le roman n’en approfondit aucune. Dès lors, il ne reste à McEwan qu’à conclure son roman par un twist final aussi raté qu’inutile. La comparaison avec Atonement est d’ailleurs peu flatteuse, Ian McEwan n’ayant pas réussi au moment du twist à installer un propos cohérent. Le retournement tombe donc complétement à plat et donne presque le coup de grâce au roman. 

Enfin, j’ai eu énormément de facilité à lire ce livre, tant du point de vue de la forme que du fond. Cela m’a rappelé certains livres de plage qu’on lit sans difficulté, sans déplaisir non plus, mais sans en garder de grands souvenirs.

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