Les Folies Bergères de Zidrou et Francis Porcel

Les Folies Bergères de Zidrou & Francis Porcel

Guerre 14-18. Des soldats dans les tranchées trompent le quotidien et la peur en s’inventant une autre vie. Leur campement devient « Les folies bergères », la ration quotidienne un savant mélange des meilleurs plats du moment et les performances individuelles deviennent des victoires sur l’ennemi. Un dessin, une sculpture, des rimes, tout est bon pour oublier la mitraille, les obus et la boue. Un jour, leur morne vie est perturbée par une exécution, car bien qu’ils soient habitué depuis peu à ce genre de spectacle, cette mise à mort défie l’entendement. Sur les trois soldats alignés au poteau d’exécution, seuls deux sont tués. Les balles semblent avoir miraculeusement traversées le troisième.

Pendant ce temps, Monet peint ses nymphéas et se fait « emmerder par un jeune con » qui lui demande d’ajouter des grenouilles au tableau.

Fortement inspiré par le dessin de Tardi (on reconnait, sur certaines pages, les fameuses trois bandes de dessin décrivant les colonnes de soldats montant au front), l’album s’organise autour de deux temporalités : celle des soldats qui suivent avec amusement et incrédulité le miracle du condamné et celle de Monet qui poursuit son tableau malgré le chaos ambiant.

 

 

Il est dommage que le lien entre les deux se soit limité à un lien familial (le père du « jeune con » fait partie des soldats décrits dans la tranchée) et que les auteurs n’aient pas plus travaillé autour de la supposé vacuité de l’art face à la guerre (thématique effleuré dans cet album mais qui aurait mérité un traitement plus large). Il en est de même avec la présence du prêtre et du miraculé qui aurait pu donner lieu à une réflexion plus importante sur la place de la religion dans les tranchées.

La description de la guerre de 14-18 se limite aux stéréotypes habituels : la boue, la mort, la camaraderie et le sexe. Le dessin (à l’image du propos sur la guerre) est empreint de violence et, d’une certaine manière, racoleur : juxtaposition d’une image d’une femme en extase avec celle d’un crâne en putréfaction dans la même gestuelle ou encore gros plan synonyme d’attraction presque morbide pour la circoncision forcée d’un sergent ou synonyme de complaisance sur un condamné qui se fait dessus. Dommage car on voit bien que le scénario pointait vers des idées plus intéressantes (sur l’art, la religion) et on ne peut que constater que l’oeuvre qui en résulte s’est limitée à des propos plus conventionnels sur la guerre. Peut-être que si cette bande-dessinée ne s’était pas limitée à un seul tome, elle aurait alors pu développer un propos sur une plus grande longueur et mieux traiter ces aspects. Intégré dans une réflexion plus amble, l’ensemble aurait fait moins racoleur.

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