The Peaky Blinders (saison 1) de Steven Knight

Birmingham dans les années 1920. La famille Shelby, d’origine irlandaise, règne sur les quartiers pauvres de la ville, faisant fortune dans les paris illégaux autour des courses de chevaux, dans la contrebande et offrant aux commerçants (moyennant finance) leur protection. Tom, survivant de la Grande Guerre et cadet de la famille, dirige cette dernière d’une main de fer: véritable cerveau des différentes opérations financières des Shelby, ce dernier n’a qu’un objectif en tête : saisir l’occasion pour devenir légal.

Cette occasion va lui être fournie inopinément par une erreur commise par ses hommes. En se trompant de wagon de marchandises, ils mettent la main sur une cargaison d’armes. Pressentant le danger que représente cette découverte, Tom décide dans un premier temps de se débarrasser de la marchandise de manière à ce que la police anglaise la retrouve sans se poser trop de questions. Puis, l’arrivée d’un inspecteur venu de Belfast et envoyé par Churchill va le faire changer d’avis et le décider à faire un marché avec cet homme. En échange des armes, ce dernier doit fermer les yeux sur les agissements de la famille Shelby pendant quelques temps, le temps que Tom s’achète une légalité et prenne le contrôle de la ville.

Plusieurs thématiques rappellent l’atmosphère de Boardwalk Empire, notamment celle s’articulant autour du retour au pays des soldats de la Grande Guerre et de leur implication dans le crime organisé. Mais là où Boardwalk Empire passait à côté de son sujet, Peaky Blinders le traite de front. Il n’est pas un épisode qui ne mentionne la Grande Guerre et ne stigmatise ceux qui l’ont faite contre ceux qui sont restés au pays. Tom est le parfait exemple de ces soldats qui ont perdu la foi dans la tranchée, foi en Dieu, foi en la Nation. Ne reste pour lui que la famille, sa préservation et son enrichissement. Les stigmates de la guerre ne se mesurent pas au boitillement des hommes (comme dans le personnage de Jimmy), mais dans la violence froide et incontrôlable dont ils peuvent faire preuve à certains moments. Deux scènes sont particulièrement bien réussies pour montrer ce qu’a fait la guerre sur ces hommes et sur Tom en particulier : au moment opportun, il sait tuer.

Autre référence dans cette série, celle des Parrains. Tom apparait à un moment comme le double anglais de Michael Corleone. Cadet de la famille, il va prendre en main cette dernière à la place de son aîné, trop stupide et trop impulsif pour la diriger correctement. Il finit par être détesté de tous, même si dans cette série les scénaristes n’ont pour l’instant pas eu le courage d’aller jusqu’au bout. alors qu’il s’orientait irrémédiablement vers un rôle de quasi-dictateur dans sa famille, il a fallu dans les derniers épisodes que Tom se rachète et devienne presque sympathique. Dommage. Le personnage avait de quoi devenir une ordure parfaite, capable d’assurer l’avenir financier de sa famille et ce faisant se sentant le droit de la diriger même dans les affaires intimes.

Pour ce qui est de la mise en scène à proprement parler, le choix qui a été fait autour du générique est très bon : une même musique, celle de Nick Cave, mais à chaque fois une scène différente qui ouvre l’épisode. Efficace et on ne perd pas de temps. Sinon, certaines scène fonctionnement bien et sont impressionnantes, d’autres sont parfois un peu trop appuyés (notamment lors du premier épisode). Mais globalement, c’est bien filmé et agréable à regarder et à suivre.

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