Mud de Jeff Nichols

Mud de Jeff Nichols

Ellis, 14 ans, et son ami Neckbone trouvent sur une île à moitié abandonnée un bateau perché dans les arbres. Ils décident de prendre possession du bateau, mais découvrent bientôt que ce dernier est habité par un homme étrange, répondant au nom de « Mud ». Ellis, malgré les hésitations de Neckbone, décide de faire confiance à Mud et de l’aider, en lui apportant notamment de la nourriture. Mud se confie au jeune garçon et lui explique qu’il est là pour retrouver sa petite amie, Juniper. Ensemble ils doivent fuir, puisque Mud a tué l’ancien petit ami de Juniper.

Ellis découvre en effet que la police recherche Mud, que Juniper est bien logé dans un motel en attendant les instructions de ce dernier, et que la famille du mort a déjà débarqué en nombre dans la petite ville de l’Arkansas où vit Ellis, pour faire la peau au meurtrier…

Le film n’est pas aussi misogyne que le disent certains, mais il y a quand même un fort esprit viril qui cantonne les femmes à un rôle de poupée qui vont là où ça brille, quelques soit le coût pour le brave homme qui les prendra sous son aile.Les femmes trahissent mais il faut les comprendre et l’amour est une belle vacherie. Voilà, voilà…

J’avoue n’avoir éprouvée que peu d’empathie pour ses mâles perdus sur leur rivière et je comprends parfaitement le désir de la mère d’Ellis d’aller ailleurs (pas forcément dans un appartement en immeuble, mais ailleurs quand même). Je trouve que les relations humaines sont un poil caricaturales et violentes : les femmes parlent, les hommes agissent. D’ailleurs j’aime beaucoup le concept du gosse de 14 ans qui ne sait pas s’exprimer autrement qu’en frappant les autres. Il a un bel avenir devant lui quand on voit comment il frappe tous les mecs qui se rapprochent trop près de ce qu’il croit être sa petite amie.

Reste qu’il y a un côté Stand by me qui m’a plu dans ce film et qui m’a fait passer, malgré la longueur du film (et Dieu sait que le film traîne en longueur), un relatif bon moment.

Mud de Jeff Nichols

Dieu n’a (plus) rien à voir là-dedans !

Plus sérieusement, pour ma part c’est justement la parenté de ce film avec les films initiatiques tels Stand By Me qui me gêne le plus car si la réalisation nous fait bien sentir cela (plans sur Ellis à l’arrière du pick-up de son père au début et à la fin du film), dans ce cas il n’amorce aucune réflexion sur la place de la violence et notamment de la violence masculine dans les rapports hommes-femmes dans ce Deep South des Etats-Unis. Je pense qu’il ne le fait pas car il a voulu teinter son film d’une sorte de magie réaliste (et non pas de réalisme magique) à la John Crowley en faisant appel à des figures archétypales (le hors-la-loi en fuite qui a commis un crime d’amour, le vieil ermite mystérieux qui s’avère être encore plus dangereux qu’on ne l’imaginait…) qui semblent quant à elle tout droit sorties d’un roman de Don DeLillo (surtout le vieil ermite). Du coup, son récit navigue en eaux troubles entre récit initiatique et donc parabole mythique et critique sociale non assumée. D’une certaine manière, il me fait penser à un autre film raté qui était pourtant intéressant dans son projet mais repoussant dans sa mise en oeuvre : Tideland, de Terry Gilliam.

Du coup, c’est la vision des relations humaines, amoureuses, hommes-femmes que j’ai trouvé intéressante (mais détestable en tant que telles) alors que le récit initiatique n’a pas pris. Dommage, c’était un défi intéressant de vouloir relier ces deux aspects.

— Mathieu

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