We’re the Millers de Rawson Marshall Thurber

We're the Millers de Rawson Marshall Thurber

Dans la famille Miller, je demande David le père, un dealer de drogue, Rose la mère, une strip-teaseuse, et leur deux magnifiques enfants, Kenny, le puceau un peu attardé et Casey, la fille de la rue.

Parce que David s’est malencontreusement fait piquer toute sa came et l’argent de la vente, il est sommé par son « patron » d’aller chercher au Mexique une importante cargaison de dope. Pour lui faciliter le passage de la frontière, David imagine de planquer la came dans un camping-car et de recruter une famille fictive pour faire croire à un banal voyage familial sur les terres mexicaines. Il recrute donc deux de ses voisins, Rose et Kenny, ainsi qu’une paumée qui traîne au bas de son immeuble pour créer de toute pièce le modèle de la famille américaine.

Après les présentations d’usage (et surtout les négociations concernant la part financière de chacun), la petite famille quitte Denver pour le Mexique.

Bon, encore une fois le problème avec les comédies américaines, c’est qu’elles n’osent pas aller jusqu’au bout de leur logique, même si celle-ci est plutôt drôle et se permet des scènes assez osées pour un public américain.

Tordre le coup au modèle de la famille occidentale (le papa, la maman, et les deux enfants) est salutaire et peut donner lieu à des comédies mordantes et caustiques. Mais il ne faut pas hésiter à aller vraiment dans la dénonciation et ne pas systématiquement retrouver le bon chemin en fin de film. Malgré un début plutôt prometteur, le film comme toujours dans ce genre de comédie bon public termine sur une note conventionnelle et sentimentale. Dommage.

— LN

We're the Millers de Rawson Marshall Thurber

 

Pour ma part, si quelques scènes m’ont fait rire (je dois le reconnaître) j’ai trouvé cette comédie extrêmement convenue y compris dans sa dénonciation qui n’en est pas une du modèle familial américain. En fait, j’en viens à me demander à quel point ces comédies ne seraient pas simplement l’illustration la plus parfaite de l’acceptation de ce modèle y compris dans sa dénonciation. Les premières minutes du film sont à cet égard tout à fait intéressantes, car elles mettent dos à dos les deux seuls modes de vie qui existeraient dans le discours hollywoodien : soit tu es un père de famille stupide, castré et gros, soit tu es un dealer cool, séducteur (euh… vous avez vu sa tête ?) et trop cool (je l’ai déjà dit ? au temps pour moi…).

Cette dichotomie simpliste commence vraiment à me tapper sur le système. Et d’ailleurs l’opposition binaire règne en maître dans le film : la société policée (mais légèrement frappadingue) américaine face à la société brutale (mais dégénérée) mexicaine, la famille foutraque des héros face à la famille déprimante et dépréssive des Fitzgerald (hé d’abord on touche pas à ce nom !). C’était ce que j’aimais bien dans 40 ans toujours puçeau : il n’y avait pas de modèle (ou d’anti-modèle qui serait un modèle) à vendre.

Et puis, tout ça pour finir, encore, avec une scène bien morale comme il faut. En fait, ce film, à l’instar de This Is 40, est davantage intéressant pour ce qu’il ne dit pas, ou ce qu’il dit presqu’à son insu sur la société américaine. On y retrouve la même obsession ridicule à l’idée de vieillir, la même fascination pour une jeunesse écervelée. Pis : le jeunisme suinte de ce film avec tous ceux qui représentent de près ou de loin le contre-modèle face à la famille américaine. En d’autres termes, We’re the Millers semble nous dire que la société américaine déteste ce qu’elle est mais ne peut faire autrement que de l’être et de le vendre à tout prix. Cette espèce de schizophrénie sociétale ne tient pas : je n’y crois pas à cette société. Et ni le modèle ni son contre-modèle en miroir ne tiennent.

Et puis aussi Jennifer Anniston n’est absolument pas crédible. Ni sexy. Ni crédible.

Bref, à part les deux-trois situations vraiment drôles (dont celle du nom donné à un certain objet), ce film est navrant. En fait, le vrai héros du film aurait dû être Mr. Fitzgerald. Vraiment.

— Mathieu

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