Expos londoniennes

Expos londoniennes

Petit voyage à Londres de quelques jours, pour permettre au Boggan de fouiller les archives anglaises et permettre également à la Boggan de faire quelques expos.

Premier jour, direction la Tate Modern en passant par le Shakespeare Globe et le bateau de Francis Drake. Je revisite la Tate Modern (ma précédent visite datait de 2005, quand même), avant de faire l’exposition Paul Klee, intitulée Making Visible.

 

L’exposition retrace la carrière de Paul Klee de façon chronologique, depuis ses débuts à Munich en 1912 en tant que membre d’un groupe expressionniste, Der Blaue Reiter, jusqu’à ses dernières années à Bern et sa mort prématurée en 1940. Paul Klee, étant particulièrement méticuleux, avait réalisé de son vivant un catalogue de ses œuvres et avait gardé la trace des choix faits lors des expositions. Ce qui a permis aux responsables de cette exposition de rapprocher les œuvres créées en même temps dans son atelier et de rapprocher également celles choisies par Klee pour ses expositions. L’exposition se clôt d’ailleurs avec la dernière peinture choisie par Klee pour la dernière exposition de son vivant.

L’exposition permet de rendre compte de son travail sur la couleur (notamment les œuvres créés après son voyage en Tunisie en 1914 où Klee se sent « possédé par la couleur »), des liens entre ses enseignements et ses recherches artistiques (notamment sur la gradation), des relations complexes qu’entretient Klee avec l’art abstrait notamment pendant la période de la Première Guerre mondiale, qui a emporté une partie de ses amis artistes et qui l’a profondément marqué (The more horrible this world, the more abstract our art).

L’impression d’ensemble de cette exposition est celle d’une pluralité. Pluralité dans la recherche artistique entre des tableaux complètement géométriques et des tableaux abstraits. L’approche chronologique permet de se rendre compte que l’artiste suivait plusieurs chemins à la fois, oscillant entre les recherches sur la couleur et la gradation et celles sur le rêve et le surréalisme. La fin de sa vie est marquée par la maladie et la connaissance de sa fin prochaine, il parle alors de ses tableaux comme des enfants qui sortent de lui (I can no longer keep up with these children of mine). Une production d’œuvres foisonnantes que seule la mort va interrompre.

Paul Klee, Magic Fish (1925)

Deuxième jour, direction la National Gallery pour une exposition thématique cette fois sur les portraits à Vienne en 1900, intitulée Facing the Modern.

L’exposition s’ouvre sur une première salle qui rend compte d’une exposition organisée en 1905 à Vienne par la gallerie Miethke. Cette exposition ne présentait pas alors l’art de l’époque, mais voulait au contraire tourner ses yeux vers l’art du XIXe siécle en présentant 146 portraits de cette époque. Le but était de présenter la vieille Vienne aux nouveaux Viennois. En effet, depuis le début 1900, la classe moyenne avait vu avec un certain effroi l’arrivée d’un grand nombre de migrants. La diversité faisait débat. L’exposition voulait donc aussi bien rassurer les anciens que présenter aux nouveaux ce que sont leurs « ancêtres ».

Décalage complet avec le reste de l’exposition qui présente les nouveaux artistes de Vienne, dont beaucoup sont issus de l’immigration (et sont sollicités par des familles de migrants) : portraits résolument modernes, présentant la famille dans des pièces intimes de leurs maison, y ajoutant les enfants, et laissant voir les conflits psychologiques traversant celui dont on fait le portrait. Les tableaux transpirent d’ailleurs l’anxiété et ce ne sont pas les quelques portraits mortuaires dans l’avant-dernière salle qui permettent de changer l’atmosphère pesante de cette exposition. A ce propos, Amalie Zuckerkandl, le visage de cette exposition, est morte en 1943, déportée par les nazis. Son portrait réalisé en 1918 par Gustav Klimt est inachevé comme bon nombre des tableaux de la dernière salle de l’exposition. Portraits mortuaires, oeuvres inachevées, suicides, la fin de l’exposition donne au spectateur une impression de fin de siècle… en 1918.

J’allais voir cette exposition en priorité pour découvrir les oeuvres de Gustav Klimt. En fait, j’ai surtout découvert Egon Schiele dont les oeuvres (et la vie) m’ont profondément marquée. Un autoportrait de lui avec sa famille est impressionnant, notamment parce que cette famille n’existe pas et n’existera jamais. Au moment de sa réalisation, l’enfant n’est pas né et mourra ainsi que la mère en 1918, quelques jours avant Schiele lui-même.

Egon Schiele, The family, 1918

 

 

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