Oublier Tia’Nanmen de Davide Reviati

Oublier Tia'Nanmen de Davide ReviatiBande dessinée en un tome, traduite de l’italien dont Pascal Ory avait souligné les qualités dans l’un des derniers numéros de la revue L’Histoire.

Le récit commence vraisemblablement à l’époque actuelle, quand un homme, marié et père de deux enfants, retourne en Chine pour tenir une promesse faite quand il était ado à une jeune chinoise qu’il connaissait et dont il était amoureux.

L’homme déambule dans les rues de Pékin et sur la place Tia’Nanmen pour constater que les évènements de 1989, qui ont eu lieu sur cette fameuse place de Pékin, sont tombés dans l’oubli. Le pouvoir en place, après avoir réprimé la révolte des étudiants chinois, a fait en sorte de les faire disparaitre de la mémoire collective. Et toute personne (journaliste ou autre) qui tente d’écrire sur l’évènement est immédiatement inquiété par les autorités.

Si l’on en croit le résumé fait sur le site de l’éditeur, l’homme est un journaliste et il interroge les témoins de l’époque dans l’espoir de rédiger un article sur les évènements survenus en 1989. Problème, le récit dans la bande dessinée n’est qu’un montage des impressions / réflexions de cet homme sur son passé et sur les évènements, impressions qui se résument pour la plupart à un simple constat : on a oublié Tia’Nanmen. Des témoignages recueillis, il n’y a aucune trace, probablement parce que personne ne souhaite parler.

La bande dessinée devient vite un enchainement de dessins sans parole et des dessins avec quelques remarques sur l’oubli et sur la disparition de certains étudiants. La mise en contexte est presque absente, de même que toute tentative de récit historique sur ce qui s’est passé en 1989. L’éditeur précise que l’auteur s’est documenté, je veux bien le croire, mais mise à part le collage de dates à la fin du récit – qui ne peut en aucun cas être considéré comme un travail réflexif sur cette révolte – ce qu’il livre de l’évènement est creux.

Une bande dessinée vide, vidée de son contenu historique et dont le seul credo est justement l’absence. Presque une preuve par l’absurde, mais qui ne permet pas de s’intéresser beaucoup plus à ce récit italien.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s