Raymond Depardon au Grand Palais

Raymond Depardon au Grand Palais

L’exposition sur Depardon, intitulée « Un moment si doux« , se limite à une grande salle, toute en profondeur, coupée en deux dans le sens de la longueur et où les photographies sont exposées de chaque côté, suivant un ordre mi-thématique, mi-chronologique. Une seule salle pour (d’après le site du Grand Palais) près de 150 photographies.

La première partie de l’exposition est consacrée aux premières photos en couleurs de Depardon, dans la ferme familiale, lors d’un reportage à Glasgow (les deux séries se faisant face), puis pendant la guerre au Liban et sur les traces des paysans chiliens. L’ensemble est chronologique (même si pour suivre cet ordre, le visiteur doit à chaque fois revenir en arrière), les thèmes par contre sont divergents (entre reportage intime et photo-reportage de guerre). La série sur Glasgow est magnifique de même que celle sur les paysans chiliens. Cette première partie est sensée nous faire comprendre pourquoi Depardon qui jusque là ne photographiait qu’en noir et blanc est passé à la couleur. Il a compris en voyant le tracteur rouge de son frère l’intérêt de la couleur. Mais les textes qui accompagnent les photos sont si lapidaires, que je n’ai pas compris ce qu’il a compris sur la couleur. Pêle-mêle, la couleur est liée à l’enfance, mais elle est liée aussi à l’événement que Depardon photographie depuis les marges (comme pendant la guerre au Liban) et à la lumière. A force d’être lié à tout, son passage à la couleur finit par ne plus faire sens.

Deuxième partie de l’expo, avec d’un côté des photos grand format et de l’autre des photos au petit format (comme dans la première partie). Pourquoi ce changement de format ? Mystère. Cette fois Depardon photographie pour le plaisir, la couleur devient pour lui un élément positif qu’il relie au bonheur. Vont se succéder des photographies prises en des lieux divers, à différents moments de sa vie. Seul point commun : elles sont toutes prises dans les années 2000, années que le concepteur de l’expo regroupe sous l’appellation « Un moment si doux « . Depardon cherche « la douceur du réel ». Admettons. Cette dernière partie est très confuse, puisque le visiteur enchaîne grand format, puis petit, photos avec puis sans personnages, photos magnifiques et d’autres plus hermétiques.

Raymond Depardon au Grand Palais

Glasgow / Ecosse 1980, Raymond Depardon / Magnum Photos

L’ensemble donne l’impression d’un fourre-tout désorganisé où rien n’est vraiment signifiant. Quelques textes jalonnent le parcours du visiteur, textes pour la plupart insignifiants et parfois énigmatiques. Je n’ai pas vraiment compris ce qu’a appris Depardon sur la couleur en regardant le tracteur rouge de son frère. Et plus généralement je n’ai pas compris les choix faits dans cette exposition. Pourquoi certaines photographies sont en grand format et d’autres non. Pourquoi mettre Glasgow en face de photos familiales? Pourquoi passer d’une organisation chronologique à un mélo-mélo de photos prises à des dates et à des endroits différents dans la dernière partie de l’expo?

Comte tenu de la carrière de Depardon, et même en se recentrant uniquement sur son travail en couleur, il y avait mieux à faire. L’exposition est trop brève, pas assez riche en réflexion et en contextualisation. On a vraiment l’impression qu’elle a été conçue de manière anecdotique, comme un temps de latence entre des expos de plus grande envergure.

Raymond Depardon au Grand Palais

Raymond Depardon 1971, Chili. Parral.

 

 

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