Silas Corey: le réseau Aquila (tomes 1 et 2) de Fabien Nury et Pierre Alary

Silas Corey: le réseau Aquila (tomes 1 & 2) de Fabien Nury & Pierre Alary

Tome 1 : Avril 1917. Alors que le pays est en guerre, le gouvernement français est secoué par un affrontement sans précédent entre MM. Caillaux (chef du gouvernement) et Clemenceau. Silas Corey, détective, ancien reporter et ancien soldat, est engagé par Clemenceau pour retrouver un reporter disparu. Ce dernier aurait en sa possession un document prouvant la trahison de Caillaux.

Plusieurs personnages cherchant à récupérer ce document, Silas Corey en bon filou décide de vendre ses services non pas au seul Clemenceau, mais également à Mme Zarkoff (une industrielle de l’armement) et au 2ème bureau, le service de renseignement de l’armée française. Une fois assuré du triplement de ses revenus (et sans probablement savoir comment avec un document, il va en donner trois), Silas se lance sur la trace du reporter, Hector Castella. S’il parvient sans mal à prendre contact avec ce dernier, Silas croise sur sa route un ennemi autrement plus dangereux, en la personne d’Aquila, l’espion allemand au service du Kaïser.

Tome 2: Après avoir échappé de peu au piège mortel tendu par Aquila, Silas Corey organise avec le reporter Hector Castella la livraison du précieux document, qui s’avère être un timbre.

Mais l’échange ne se déroule pas comme prévu et le timbre tombe dans les mains charmantes mais non moins déloyales de l’aviatrice, Marthe Richer. Marthe, ancienne amante de Silas, qui travaille depuis peu pour Mme Zarkoff…

Une histoire d’espionnage et d’enquête policière efficace et plaisante. Le personnage de Silas Corey est délicieusement ambivalent : se méfiant des autres, il fait équipe avec Marthe et se fait méchamment duper par elle ; intelligent, il doit bon nombre d’avancées dans son enquête à la présence docile et ingénieuse de Nam, son domestique-compagnon indochinois. Véritable dandy, il oscille entre l’audace et le ridicule et en cela s’ajoute à la longue liste des gentlemen-enquêteurs connus du public.

L’ancrage de cette enquête privée dans l’histoire de la Première Guerre mondiale est à la fois simple et fonctionnelle : un affrontement entre deux personnalités politiques sur une possible sortie de la guerre, des soupçons de trahisons et la main d’industriels de l’armement pour faire pencher la balance d’un côté plutôt que l’autre. Il ne manque plus qu’un enquêteur de l’ombre pour aller se glisser dans les méandres de l’affaire Caillaux. Rien de très compliqué, mais ce fil narratif s’insère parfaitement dans le contexte de la guerre. Mêlant faits connus et invention, l’auteur livre une fiction plausible que l’on prend plaisir à suivre.

Le dessin créé une ambiance un peu désuète : le personnage de Silas semble être encore sous l’influence de la Belle Epoque, alors qu’il évolue déjà dans un monde en guerre. Il y a quelque chose de ludique dans sa façon d’être, comme si la mort n’était qu’une farce alors même que le massacre continue.

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