L’assassin qu’elle mérite, tome 1: Art nouveau de Wilfrid Lupano et Yannick Corboz

L'assassin qu'elle mérite, tome 1 : Art nouveau de Wilfrid Lupano & Yannick Corboz

« Alors mon but sera atteint. J’aurais contribué, dans la mesure de mes ressources, à créer un gredin, un ennemi de plus pour cette odieuse société qui nous rançonne. » H.K. Huysmans

Vienne, 1900. Un riche aristocrate, Alec, perturbe le vernissage d’une exposition en achetant une toile, puis en la brûlant, symbolisant par la même tout ce qu’il pense de cet Art nouveau qui prétend révolutionner la société, mais qui ne fait que remplir les poches de quelques artistes un peu fats.

Sorti manu militari de la galerie d’exposition avec l’un de ses amis, il propose à ce dernier un pari : choisir un homme, n’importe lequel et en faire un assassin. Tel sera pour lui la révolution ultime, son assassin sera son oeuvre d’art, dédiée à une société qui selon lui ne mérite que haine et violence.

Il jette son dévolu sur Victor, un jeune homme terrorisé par son père et qui cherche à sortir de son milieu pour vivre autre chose. Dans un premier temps, Alec lui ouvre les portes du bordel le plus réputé de la ville. Victor tombe alors sous le charme de Mathilde et demande à ce qu’elle lui soit réservée. Le plan mis en place par Alex fonctionne à merveille…

Dans cette série, on retrouve le même scénariste et le même dessinateur que pour Célestin Gobe-la-Lune. Le dessin m’a moins gênée que précédemment. Peut-être parce que je m’y suis fait. Peut-être parce qu’il est moins clinquant et qu’il colle mieux à la période. Allez savoir. En tous cas, j’ai moins été rebutée dès la découverte de la première planche comme cela avait été le cas avec Célestin.

Pour ce qui est du scénario, le piège est intéressant et se met en place de façon implacable. J’attends comme Alec la suite des événements pour voir Victor devenir le monstre que la société semble mériter.

 

On peut remarquer la cohérence des thèmes dans les scenarii de Lupano, et notamment des personnages en prise avec leur condition, qui cherchent à s’en échapper lorsqu’elle est misérable, qui cherchent à la détruire lorsqu’elle est favorisée (y compris dans Azimut). Mais ces luttes ne sont pas des luttes sociales, elle sont toujours individuelles, mettant l’individu au prise avec la société.

On attend de voir les suites, donc.

 

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