The Great War in Portraits à la National Portrait Gallery

The Great War in Portraits à la National GalleryOutre les deux expositions présentées dans les billets précédents, les Boggans ont pu profiter du beau temps pour se balader dans les quartiers de Londres et… faire d’autres musées et expos.

Non loin de la National Gallery, se trouve la National Portrait Gallery qui, en plus de présenter les portraits des grandes têtes couronnées, des hommes politiques, des scientifiques et des artistes anglais, proposait une exposition sur le thème de la Grande Guerre, The Great War in Portraits. Une exposition assez limitée mais dont l’agencement révélait un vrai soucis de « donner du sens » au fait même d’exposer des portraits sur cette période.

De mémoire, il y a quatre salles et l’exposition s’ouvre sur une sculpture de Jacob Epstein, Torso in Metal from « the Rock Drill », représentation manifeste de la foi (et des désillusions) envers le progrès et envers la mécanique qui caractérise l’époque d’avant-guerre. The Rock Drill a été présentée en 1914, mais a été ensuite détruite par l’artiste (des copies ont été réalisées d’après photo pour la Tate Modern). De cette première sculpture, il a gardé certains éléments pour créer une nouvelle oeuvre, présentée en ouverture de l’exposition. Dans cette nouvelle version, l’homme androïde est amputé d’un bras, preuve que cette foi progressiste ne survivait pas ou mal aux épreuves du combat.

The Great War in Portraits à la National GalleryThe Great War in Portraits à la National Gallery

Dans une première salle, intitulée « Royalty and the Assassin« , était mis en regard les portraits des principaux dirigeants de futurs nations en guerre, avec d’un côté les monarques et de l’autre le président français, Poincarré, accompagné pour l’occasion des portraits diffusés par la presse de Gavrilo Princip, assassin de l’archiduc Franz Ferdinand. Autant on voit bien les différences de choix dans la réalisation des portraits officiels entre les monarques et le représentant républicain. Par contre la place de Princip semble moins claire (juste à côté du président français). A moins que ce soit Poincarré qui n’est pas franchement sa place dans ce regard entre gens du peuple et monarques, lui qui semble représenter un entre-deux politique.

Dans une deuxième salle, « Leaders and Followers« , sont cette fois exposés les portraits des principaux chefs des armées engagées dans la guerre et les premiers portraits de soldats du rang. Dans les deux cas, l’objet du portrait est de glorifier un homme ou une armée… y compris dans la mort avec les faire-part de décès des soldats allemands qui sont accompagnés d’une photo du défunt et de ses différentes affectations et ses éventuels actes de bravoure.

En quittant cette salle pour aller à la rencontre des « Valiant and the Damned« , le visiteur passe devant un portrait de Winston Churchill, pas encore au faîte de sa gloire.

Avec le combat vient la difficulté pour les portraitistes à représenter la guerre, la vraie. Se pose alors la question de la représentation de la mort et/ou des soldats blessés. Aussi dans cette troisième salle sont présentés les premiers portraits de morts au combat, où l’on peut voir toute la difficulté à représenter la réalité du combat sans vulgariser ses héros (en annexe sont présentés les portraits réalisés dans les cliniques, portraits dont le but était de suivre la recomposition du visage des soldats opération après opération).

Avant d’accéder à la dernière salle, deux films sont proposés au visiteur : The Battle of the Somme, réalisé en 1916 et qui connut un succès immense en Grand-Bretagne et, la réaction allemande, un film de propagande réalisé en 1917 sur les mêmes événements.

Dans la dernière salle sont présentées les conséquences de la guerre dans l’art. Si en Grande-Bretagne, la guerre marque la fin du mouvement moderniste et le retour à une tradition plus classique (« Return to Order« ), en Allemagne la révolution sociale entraîne le rejet de l’ordre ancien et la naissance du mouvement expressionniste.

Un bilan mitigé pour cette exposition. Les thèmes et les réflexions proposés sont intéressants, mais faute de plus de salles et d’œuvres, les théories avancées paraissent fragiles et un peu superficielles (notamment la dernière salle, avec la Grande-Bretagne illustrant le retour à la tradition contre l’Allemagne qui s’élance dans l’avant-garde). Dommage car l’idée de voir la Grande Guerre à travers les portraits et d’analyser aussi ce qu’elle a modifié dans le rapport de l’artiste à cette tradition ancienne parait très intéressante, mais il aurait sans doute fallu plus que quatre salles et quelques portraits pour mener à bien cette réflexion.

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