Treme (saison 4) de David Simon

Quatrième et ultime saison de Treme, qui se termine avec ces seuls 5 épisodes et qui s’ouvre sur l’élection de Barrack Obama à la présidence des Etats-Unis. Une saison en forme de bilan, un bilan écourté visiblement par un format réduit.

On retrouve donc l’ensemble des personnages de Treme dans ce qui apparaît dès le début comme leur salut final. Antoine Batiste entre de mieux en mieux dans son costume de prof, tout en poursuivant sa carrière de musicien. Longtemps en souffrance dans les rues de la Nouvelle Orléans, il semble avoir trouvé son équilibre entre ses heures d’enseignement et ses nuits de musicos. DJ Davis aborde la quarantaine à sa manière. Un temps tenté par le mythe de son père, il retrouve rapidement les esprits et reprend la voie de la musique. Anny minaude toujours autant, hésite, ne sait pas quoi faire et finalement parait la plus fragile en cette fin de saison. Ladonna est toujours debout, dans son bar à peine rénovée, elle reste mon personnage préféré dans la série. Janette dans son envie folle d’avoir son propre restaurant perd son nom, avant de le retrouver grâce au concours inopinée de Nelson Hidalgo. Lambreaux père et fils se rapprochent de plus en plus alors que le dernier Mardi Gras du père approche, avant que le fils ne prenne (ou pas) la relève. Toni continue son travail de sape, et il semblerait qu’enfin le FBI regarde avec plus d’attention les dossiers qu’elle monte sur la police locale.

On pense donc que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il n’en est rien. Ladonna se fait toujours racketter par le voisinage, Toni voit ces enquêtes prises en compte, mais s’aliènent une partie de la police, alors que Terry Colson doit quant à lui carrément quitter la Nouvelle Orléans. Les promoteurs continuent à faire du fric, aux dépends des clubs qui ferment peu à peu car étant trop bruyants. Nelson Hidalgo ne fera qu’une seule chose pour cette ville : permettre à Janette d’ouvrir un restaurant à son nom.

La reconstruction a donc eu lieu, mais elle a été accompagnée d’un grand nombre de pertes : habitants déplacées, quartiers réhabilités et donc vidés de ses clubs, populations désillusionnées mais refusant de se laisser faire.

Une série qui globalement parle assez peu en fin de compte. Si certains personnages séduisent d’emblée (Ladonna, les Lambreaux et même Nelson), d’autres sont franchement antipathiques dans leur côté « on a tout compris » ou dans leurs minauderies. Et, dans l’ensemble, on n’accroche pas complètement à cette série, malgré la bande-son formidable (allergiques au jazz sous toutes ses formes s’abstenir). La faute peut-être aussi à nous, spectateurs français, et à la Nouvelle Orléans : cette ville très (trop ?) marquée semble ne pas nous laisser de place, comme si dès le début, soit tu es de la Nouvelle Orléans, soit tu n’y es pas et n’y seras jamais.

Et maintenant ? Maintenant, David Simon fait une série « populaire » à la The Wire (oui !) et ensuite il fait une série plus exigeante ( ! ! !) sur la naissance du syndicalisme aux Etats-Unis ! Dans les deux cas, mais c’est quand il veut (et quand les producteurs veulent surtout)

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