La Nueve de Paco Roca

Port d’Alicante, le 28 mars 1939. Les républicains espagnols défaits par Franco sont contraints à l’exil et attendent fébrilement un bateau qui mes amènera loin de leur Espagne natale. Le Stanbrook, navire anglais, finit par entrer dans le port et embarque à son bord plusieurs milliers de combattants, avant de relever les amarres et d’abandonner à leur sort ceux qui n’ont pas pu monter.

Miguel Ruiz fait partie de ceux qui ont pu monter à bord du navire. Arrivé à Oran, il est coincé à bord du bateau, les autorités françaises refusant que les républicains espagnols débarquent sur leur sol (la France a entre-temps reconnu le gouvernement de Franco). Par peur d’une épidémie de typhus, les autorités d’Oran acceptent finalement que les réfugiés débarquent, et beaucoup furent immédiatement conduits dans des camps de travail.

Avec l’invasion de la France et sa capitulation face à l’Allemagne, les réfugiés espagnols sont déplacés dans un camp au milieu du Sahara. Parce que le camp est placé sous l’autorité de Vichy, puis de celle de l’Axe, les Espagnols perdent leur statut de réfugiés et leur condition de détention s’empirent jusqu’à l’arrivée des Alliés. Libérés des camps, les républicains vont pour beaucoup rejoindre le Corps franc d’Afrique (CFA), persuadés qu’en libérant la France aux côtés des Alliés, ils pourront ensuite avec leur aide libérer l’Espagne.

Paco est un jeune auteur de roman graphique. Il a retrouvé la trace de Miguel Ruiz et souhaite raconter son histoire. La Nueve raconte l’histoire de cette rencontre et à travers elle l’histoire d’une bataille perdue d’avance.

Graphiquement, l’album n’est pas extraordinaire : le dessin est simple, tout comme la mise en scène. Deux narrations se croisent, celle de Paco Roca rencontrant Miguel et arrivant à le convaincre de parler de lui et de son expérience de combattant, celle de Miguel qui raconte sa guerre de 1939 où il quitte l’Espagne jusqu’à la libération de Paris et son retour impossible sur sa terre natale.

La force de ce roman graphique tient plutôt par l’originalité de l’événement raconté. Peu de fictions ont été écrite sur la présence de républicains espagnols dans la libération de Paris. Elle tient aussi par le sérieux des recherches documentaires et de la restitution historique. En témoignent notamment les cartes insérées dans le roman qui permettent au lecteur de suivre le destin de ces espagnols année après année et leur ballottage dans les aléas des alliances et des affrontements entre nation.

Reste qu’il manque un point de vue. La restitution de ces événements parait bien sage, presque trop respectueuse d’une mémoire trop peu connue.

— LN

 

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