The Red Road (saison 1) d’Aaron Guzikowski

Dans la petite ville fictive de Walpole, à la frontière entre le New Jersey et l’Etat de New York, la police s’active pour retrouver un étudiant qui a disparu dans les montagnes boisées et truffées de mines et de lacs. Dans cet environnement cohabitent une tribu indienne, les Lenape (ou plus précisément, nous apprend Wikipedia, les Ramapough Mountain Indians, qui sont en fait une branche des Lenape) et les blancs. Or, cette tribu, si elle a été reconnue officiellement par l’Etat du New Jersey, ne l’a pas été par l’Etat fédéral.Le métis Philip Kopus (Jason Momoa, célèbre pour son rôle dans Game of Thrones), revenu récemment en ville, comprend immédiatement que Mike, un autre membre de la tribu, est responsable de cette disparition, mais il n’est pas question pour lui de le dénoncer à la police. D’autant que Mike est son futur associé dans un vaste trafic de médicaments qu’il souhaite développer dans la ville.

Harold, un flic local, est chargé des recherches sur la disparition de cet étudiant. Il doit gérer en plus le comportement de son épouse, Jean, dont la stabilité mentale vacille lorsqu’elle découvre que leur fille aînée, Rachel, sort avec le demi-frère de Philip Kopus, Junior, un Lenape également.

En voulant retrouver sa fille pour la ramener manu militari à la maison, Jean menace dans un premier temps la famille Kopus, puis en panique s’enfonce dans les montagnes boisées de nuit pour retrouver Rachel. Elle heurte dans les bois quelque chose et rentre par la suite chez elle. Appelé sur les lieux d’un accident, Harold apprend qu’un enfant indien a été renversé pendant la nuit dans les montagnes, il fait tout de suite le rapprochement avec sa femme et il décide de dissimuler l’implication de cette dernière, en nettoyant leur véhicule et en remplaçant les morceaux cassés.

Sauf que plusieurs témoins indiens ont vu le véhicule et décrivent une femme hystérique au volant, et Philip Kopus, s’appuyant sur le témoignage de sa mère, identifie pleinement la femme d’Harold. Moyennant le silence complice du flic sur son trafic, Philip est prêt à faire taire les témoins indiens.

Bientôt, racisme, droits civiques indiens, meurtre, disparition, accident et jalousies anciennes ravivées par cette histoire vont déchirer la petite ville « tranquille », faisant resurgir au grand jour les conflits larvées. Harold va devoir en même temps protéger son épouse pour ce qu’elle a fait et s’associer avec Philip Kopus qui le fait chanter, tout en essayant d’empêcher sa famille d’éclater et en faisant son boulot de flic.

http://www.youtube.com/watch?v=qt9dUBKOLHM

Proposée par Sundance TV, cette série a tous les ingrédients pour séduire a priori. Hélas, mille fois hélas, les six épisodes qui constituent cette première saison ne sont pas à la hauteur des attentes suscitées.

Si la réalisation cherche à mettre en place une ambiance particulière (le premier épisode est réalisé par James Gray), elle n’y parvient guère, en réalité, et on se retrouve face à une série policière lamba qui multiplie pas mal des clichés inhérents (?) à ce genre.

Et puis surtout, la grande déception vient de l’absence de traitement, si ce n’est de manière anecdotique, de la relation entre les Lenape et les blancs. Il y avait pourtant largement de quoi faire.

Or, l’explication se trouve peut-être dans les déclarations récentes du showrunner, Aaron Guzikowski, laisse entendre qu’il peut continuer sa série sur cinq ou six saisons. Alors si on lui donnera le bénéfice du doute, parce que vraiment, le potentiel est immense (et la petite rouquine est ultra mimie ! 😉 ), une deuxième saison aussi creuse sonnera le glas de notre intérêt, ici à la tanière des boggans.

— Mathieu

Pour ma part, je trouve que cette série a un potentiel qui est gâché par une narration indécise et une réalisation brouillonne. Je m’explique. Le showrunner semble vouloir prendre son temps pour mettre en place une analyse plus approfondie des liens entre Indiens et blancs dans cette petite ville, sauf qu’il passe rapidement, trop rapidement, sur la présentation des personnages et leur caractérisation. Les événements vont trop vite, au milieu d’une réflexion qui ne semble pas vraiment avancer, comme s’il hésite à adopter un rythme plus lent, y compris dans ses intrigues.

Or c’est dommage, car si justement il veut nous faire attendre avant de poser sa réflexion, il pourrait utiliser ce temps pour développer ses personnages, leurs relations et bâtir son environnement. L’idée d’une disparition pour lancer sa saison est bonne, mais la suite l’est moins. On sait déjà presque tout des conflits larvés entre les habitants de Walpole, sans en avoir vu les conséquences, ce qui est troublant. L’inverse aurait été plus logique : se rendre compte de tensions au sien de la communauté sans les comprendre, pour découvrir petit à petit les passifs entre les habitants.

Quant à la réalisation, l’auteur se laisse parfois aller à des envolées lyriques ou à des scènes utlra conventionnelles (la dernière notamment est un modèle du genre), ce qui me fait peur quant à sa capacité à rester concentré sur son propos et à ne pas verser dans des scènes convenues pour illustrer finalement un propos tout aussi attendu.

Maintenant comme Mathieu, je me laisserais bien tentée par la suite, pour voir justement ce que l’auteur va être capable de nous dire des relations entre blancs et Indiens dans l’Amérique actuelle.

— LN

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