Snowpiercer de Joon-Ho Bong

Snowpiercer de Joon-ho Bong

Dans le futur, l’humanité ne peut plus vivre sur Terre comme avant. Le désastre écologique provoqué par l’humanité a entraîné une nouvelle période glacière qui condamne les quelques survivants à se réfugier dans un train qui sillonne le globe terrestre en l’espace d’une année.

Dans ce train, des classes sociales ont été instaurées : les wagons de queue abritent les citoyens les plus pauvres et les plus nombreux. Les wagons de tête, l’élite. Les citoyens les plus pauvres sont maintenus dans des conditions infâmes : surpopulation, manque d’hygiène (ils n’ont que peu d’eau), alimentation industrielle sont leur lot quotidien.Ils ne sont pas éduqués, ne sortent jamais de leur compartiment et leur présence n’est justifiée que par l’étonnante fertilité. Parmi les enfants qu’ils mettent au monde, certains sont pris en charge par les élites dans les wagons de tête, compensant ainsi le manque de renouvellement des premières classes.

Cependant, la révolte gronde et le plus ancien occupant des wagons de queue a réussi à insuffler un mouvement de révolte parmi les hommes. Ces derniers veulent dès lors remonter le train pour en prendre les commandes et rétablir l’égalité pour tous.

Je n’ai pas lu la bande dessinée, mais j’ai l’impression que si le film a essayé d’en respecter l’atmosphère (visuellement, on peut voir que le réalisateur a tenté de s’approprier le visuel de la bande dessinée), il a cependant rajouté quelques éléments qui en fragilisent l’ensemble.

La parabole est simple mais efficace. Les wagons de queue représentent au choix les pays pauvres ou la part de population pauvre dans nos sociétés modernes. Les wagons de tête, les pays riches ou les élites intellectuelles, politique et/ou financières. Quelle que soit l’échelle, le postulat est le même : les inégalités, l’exploitation des plus faibles dominent les sociétés actuelles et seule une force de répression alliée à un discours altruiste aussi creux que dégoulinant permet de maintenir le tout en ordre. D’un côté, l’argent, la culture, l’éducation et le raffinement ; de l’autre la surpopulation, la brutalité, la saleté, la fadeur. Le passage de l’un à l’autre est strictement contrôlé et ne peut se faire qu’à l’initiative des puissants.

Malheureusement, l’argument de départ du film ne tient pas : comment les populations pauvres font-elles ne serait-ce que pour survivre dans une telle promiscuité ? Une simple maladie et c’est toute la population qui meurt, celle-ci étant enfermée dans quelques wagons. Dès lors, l’entrée dans le film se fait difficilement.

Le twist final est assez convenu mais on pourrait tout à fait s’en contenter, s’il n’était pas gâché par l’omniprésence d’un film qui veut montrer ses capacités (montrer ses muscles presque), là où elles ne font que renforcer la fragilité de la construction. Par exemple, à force de nous montrer l’extérieur à grand renfort d’effets spéciaux et d’images de synthèse, on finit par se demander comment tout cela tient. Comment le train peut-il encore rouler ? Qui entretient ces magnifiques rails de synthèse ?

Mais plus encore, les scènes finales viennent presque anéantir le propos général. Je ne sais pas si elles sont dans la bande dessinée (visiblement non d’après cet article publié sur le site Oblikon, le tome 1 se clôt sur la disparition totale de l’humanité, décimée par un virus), en tout cas elles annihile complètement la portée de l’histoire, en lui donnant une fin heureuse ou tout du moins une fin ouverte. Là où jusqu’à présent, l’espoir n’était pas de mise. Dommage.

 

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