Penny Dreadful (saison 1) de John Logan

Londres, 1891. Alors qu’une vague de meurtres sauvages répand la terreur parmi les Londoniens qui croient à un retour du Ripper, la belle et mystérieuse Miss Vanessa Ives (Eva Green) recrute Ethan Chandler (Josh Hartnett), un Américain as du pistolet, acteur dans un Wild West show, qui semble fuir quelque chose. Ethan accepte et Miss Ives le présente à Sir Malcolm Murray (Timothy Dalton), un explorateur et père à la recherche de sa fille… Mina, qui a été enlevée. La mission consiste, justement, à aller suivre une piste pour retrouver Mina. Cette piste conduit tout droit à un nid de vampires ! Tuant ce qui apparait être leur chef, les trois intrépides aventuriers engagent un jeune docteur qui hante les morgues de Londres à la recherche de cadavres… le Dr. Frankenstein (Harry Treadaway), pour examiner le cadavre de la créature. Il découvre des hiéroglyphes tatoués sous la peau. Ceux-ci, tirés de passages inconnus du Livre des morts égyptien, évoquent le mariage d’Amun-Ra et d’Amunet, sa consort, union contre-nature qui amènerait le « règne des ténèbres » et la résurrections des « sombres enfants ». Alors que Sir Malcolm s’attèle à faire déchiffrer ses hiéroglyphes pour en savoir plus, il est invité à une soirée spirite organisée par Ferdinand Lyle, un excentrique égyptologue, au cours de laquelle Vanessa rencontre un mystérieux dandy du nom de… Dorian Gray (Reeve Carney) envers lequel elle ressent une très forte attraction. Lors de cette soirée, Vanessa s’avère être elle-même une spirite naturelle et est possédée par l’esprit d’Amunet…

Vampire (le JDR) ! La Ligue des gentlemen extraordinaires ! Frankenstein ! Le Loup-garou de Londres ! Oscar Wilde ! Van Helsing ! La liste des inspirations de cette série n’en finit plus. Alors certes, il y a un petit côté empilage de références qui pourrait lasser très vite et tourner à vide ou au gimmick narratif énervant (et je dois dire que tout ce qui concerne Frankenstein tombe, hélas, dans cette catégorie) mais, dans l’ensemble, la série arrive à manier toutes ses références avec une certaine habileté et, disons-le très franchement, on ne boude pas son plaisir à la regarder.

A cela plusieurs raisons : la première tient aux acteurs qui sont tout à fait crédibles. Eva Green… ben Eva Green quoi ! Alors oui, elle a tendance justement à abuser de ses atouts et à lancer des regards intenses un peu trop souvent ou encore à jouer de sa voix rauque et grave, mais s’il y a bien une actrice qui est crédible dans le rôle d’une médium qui ne contrôle pas ses pulsions sexuelles, c’est bien elle. Timothy Dalton a bien vieilli et joue le sir anglais salaud (comment ça, c’est un pléonasme ? Allons…) avec un certain talent et les relations entre Sir Malcolm et Miss Ives sont faites de non-dits et de tensions qui ajoutent du piment à l’intrigue principale. Josh Hartnett est lui aussi bien choisi dans le rôle de l’Américain qui se fait passer pour le bourrin typique mais qui cache quelque chose de plus mystérieux (bon, dès le premier épisode, à moins d’être vraiment pas futé, on comprend ce que c’est, mais il faut attendre la fin de la saison pour le voir). Seul bémol sur ce point : Frankenstein qui surjoue le côté « je-suis-plus-intelligent-que-vous-tous ».

Autre atout de la série : son écriture. Sans doute est-ce dû au fait qu’il n’y a qu’un seul scénariste (John Logan), qui est aussi le producteur (avec Sam Mendes), car la série est cohérente et la trame narrative se dévoile progressivement en crescendo avec plusieurs épisodes révélant progressivement le passé dramatique qui relie Miss Ives et Sir Malcolm. Logan y parvient car s’il puise à toutes les sources et mange à tous les râteliers, il sait être fidèlement libre avec ces références qu’il mélange allégrement (Frankenstein, par exemple, ne correspond pas du tout à la période victorienne, sans doute est-ce pour cela qu’il est un peu en trop, cela dit). Là encore, hélas, il y a un bémol, à savoir les personnages du monstre de Frankenstein, totalement inutile et trop lyrique dans un côté shakespearien qui tombe à plat, et celui de Dorian Gray, réduit à un stéréotype porno-chic qui donne le côté obligatoirement sulfureux et passablement pénible à toute série « sérieuse » ou « adulte » depuis que HBO a défini les nouveaux standards dans le genre. Quant à l’histoire d’amour tragique entre Ethan Chandler et Brona la prostituée, là aussi, ça tombe un peu à plat (mais peut-être y a-t-il là le germe de quelque chose de prometteur pour la saison 2).

Il n’empêche : des vampires ! Des vrais ! Des cinglés et des pas beaux quand ils sont anciens ! (Bon, d’ailleurs, les vampires sont beaucoup trop faciles à tuer… à moins que ce ne soient que des serviteurs, auquel cas ça passe.) Une bande d’aventuriers qui poursuivent Mina Murray enlevée par leur seigneur ! Le tout en mélangeant plein d’autres personnages ! Et l’ambiance passe d’une atmosphère pulp à la Ligue des gentlemen extraordinaires à une atmosphère bien plus gothique à mesure que la saison progresse. Et ça, c’est le bonheur.

On attend la suite : vont-ils s’embarquer pour l’Egypte et ses terribles mystères ?

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