La Montagne de minuit de Jean-Marie Blas de Roblès

Un roman court et un roman double qui mêle le récit fictif d’un écrivain qui tente de donner vie à une histoire vécue par sa mère et le récit de sa mère, historienne, qui elle cherche à démêler le vrai du faux. Un roman de la combinaison entre Histoire et Littérature avec pour toile de fond les brigades hitlériennes au Tibet ou du moins leur prétendues existences.

Voici donc l’histoire de Bastien. Il est gardien dans un ancien collège de jésuite et il vient d’apprendre qu’il va être méchamment pousser vers la retraite. Comme il vivait seul dans un logement prêté par l’établissement, il comprend également qu’il va lui falloir trouver un nouveau logement. Au moment où il apprend qu’il va quitter ce lieu, une femme célibataire s’y installe. Elle s’appelle Rose et exerce le métier d’historienne. Une amitié nait entre ces deux solitaires, amitié nourrie par la passion de Bastien pour le Tibet. Rose décide de partir au Tibet avec lui, afin qu’il réalise dans les derniers temps de sa vie son rêve. Pendant ce voyage, Bastien avouera à Rose la vraie raison de son amour pour le Tibet. Mais en bonne historienne, elle ira vérifier ses dires et découvrira qu’il lui a menti.

Ce qui ne pose pas de problème pour Paul, le fils de Rose, qui est écrivain. De cette histoire, vraie ou fausse, il va construire un roman et raconter leur rencontre, leur voyage, la confession de Bastien et les doutes de Rose.

Ce roman se veut donc une réflexion sur les liens entre roman et récit historique, mais je dois avouer que la réflexion tourne court, l’auteur se contentant d’associer l’historien au passé, l’écrivain an présent, en en faisant tous les deux des romanciers. Différenciation trop simple qui ne prend pas en compte le fait que l’historien n’invente jamais (il émet tout au plus des hypothèses) et qu’il ne parle jamais tant du présent que quand il s’intéresse aux époques passées. Les deux parlent donc bien de la même chose, mais pas de la même manière et surtout pas dans le même but. Outre le recours à l’invention, ce qui distingue l’historien du romancier n’est pas tant sa recherche de la vérité, mais la méthode qu’il utilise pour y parvenir (au moins en apparence).

Au fil du roman, l’auteur en profite pour déconstruire le mythe du Tibet, en décrivant notamment ce lieu sous occupation chinoise. Et se permet une forme d’ironie narrative en faisant du Mandala (construction éphémère qui ne vaut que par son élaboration) l’image tutélaire de son roman.

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