Le Maroc médiéval : Un empire de l’Afrique à l’Espagne au Louvre

Et voilà ce qui arrive quand on se présente au Musée de Cluny pour voir une exposition qui n’a pas encore commencé. On se retrouve au milieu de Paris avec un programme vide devant soi. Qu’à cela ne tienne, il reste le Louvre et son Maroc médiéval.

Petite exposition au Louvre donc sur le Maroc à l’époque médiévale, à travers l’histoire de trois dynasties : les Almoravides, les Almohades et les Mérinides. A l’entrée de l’espace d’exposition, un premier objet retient l’attention du visiteur : il s’agit d’une cloche, butin de guerre du souverain mérinide, Tariq Ibn Zyiad, qu’il a transformé en lustre arabe. Objet emblème d’une exposition qui va insister sur les liens entre le monde musulman et le monde chrétien, avec une attention particulière à Al Andalus (c’est-à-dire le territoire musulman en Espagne).

La première salle de l’exposition est consacrée au Roi Idriss, premier roi du Maroc (VIIIe siècle) et fondateur de Fès. On peut admirer dans cette salle un Minbar du Xe siècle, absolument magnifique.

Viennent ensuite plusieurs salles qui présentent les dynasties des Almoravides (où la scénographie du lieu insiste sur l’essor commercial, intellectuel et religieux que connait alors le Maroc à cette époque), puis la dynastie almohade (qui apparait plus rigoriste mais tout autant riche intellectuellement) et enfin les Mérinides, qui nous ramènent finalement à cette cloche emblème.

Les objets présentés sont magnifiques: les Minbar bien évidemment, mais également les manuscrits (textes de loi, traités religieux, essai de géographie), les tissus, les éléments d’architecture, les céramiques… tout concordent pour rendre compte d’une culture riche et diversifiée. Pour ma part, j »ai adoré voir l’horloge hydraulique, le Livres des noms (arabe/berbère), et les astrolabes. Et deux statues en bronze, dont un griffon, qui pourrait être des automates, ce qui m’a fait prodigieusement kiffer.

Il est parfois difficile de bien se rendre compte de la portée de ces dynasties sur un temps d’exposition aussi court (il faut compter environ une heure de visite), on a forcément l’impression de survoler cette période. Et surtout, je manque cruellement de connaissances sur le Maroc, pour bien apprécier cette expo.

Reste cette impression d’une très grande richesse intellectuelle et culturelle du Maroc, de liens commerciaux et diplomatiques avec le monde chrétien (malgré leurs conflits) et d’échanges autour de la Méditerranée. Les deux rives semblent entretenir une conversation constante, là où notre époque ne tend qu’à les opposer.

 

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