Les Borgia et leur temps au Musée Maillol

L’exposition ambitionne de replacer l’histoire des Borgia, que l’imaginaire collectif associe aux vices et à l’excès, dans leur temps, espérant peut-être redorer ou tout au moins nuancer leur légende noire.

La première salle présente leur arbre généalogique, le contexte historique qui les entoure et les « personnalités » de cette famille à travers plusieurs portraits : Calixte III, Alexandre VI, César (un des plus beaux portraits, celui qui donne son affiche à l’exposition), Lucrèce, Vannoza Cattanei et Giulia Farnèse, maitresses d’Alexandre VI. En quelques portraits, le ton est donné : une famille de papes (simonisme) assoiffée de pouvoirs et s’offrant le luxe d’une descendance (nicolaïsme). Le visiteur comprend dès lors les réactions de Jérôme Savonarole et de Luther.

Les salles suivantes rendent compte de l’essor intellectuel et artistique qui a accompagné le règne des Borgia : Erasme, Léonard, Machiavel, Michel-Ange, Filippo, entre autres.

La ville de Rome rivalise de trésors pour dépasser celle de Florence, conduite elle par une autre grande famille italienne, les Médicis. D’ailleurs pour moi qui ne connait rien sur cette période, la référence aux Médicis m’a quelque peu perturbée. J’aurai aimé une présentation de cette famille, au regard des Borgia, pour mieux les replacer dans cette époque de la Renaissance italienne.

La dernière salle veut rendre compte de la postérité des Borgia, à travers des œuvres aussi diverses que celles de V. Hugo et de Dumas, jusqu’à la série TV de Canal + en passant par la bande dessinée d’Alexandro Jodorowsky.

Un peu déçue par l’expo. Pas assez d’explications artistiques à mon goût sur les tableaux exposés (on a l’impression qu’ils servent d’illustration), bizarrement pas assez d’accompagnement historique (j’ai flotté à plusieurs reprises, me demandant comment relier tous les protagonistes) et enfin je ne voit pas en quoi l’exposition a problématisé la légende des Borgia. D’une certaine manière, je trouve qu’elle a même confirmé certains clichés.

Par contre, l’un des effets positifs de l’expo est de mettre l’accent sur la contemporanéité de certains intellectuels et/ou artistes comme Léonard, Machiavel, Erasme, etc. Cette fin du quattrocento est impressionnante tant elle est l’époque d’un véritable fleurissement intellectuel, religieux et artistique et si l’exposition permet de rappeler que les Borgia y ont pris (leur) part, on ne voit pas très bien comment.

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