Ghibli : les secrets du Layout pour comprendre l’annimation au musée Art Ludique

Exposition un peu austère (ironique vu le nom du musée) sur les techniques de l’animation Ghibli et plus particulièrement sur l’utilisation du layout, visiblement inventé par Miyazaki sur le long métrage Heidi. Voyant que les anciens long-métrages n’accordaient que peu d’importance au décor (les animateurs pouvaient alors utiliser le même décor sur une multitude de scènes), considérant que l’animation et le décor doivent jouer à parts égales dans l’élaboration d’un film, Miyazaki a recours au layout, dessin regroupant sur une seule feuille la composition de la scène, les informations liées au storyboard, le cadrage et les effets d’animation attendus.

Une feuille de layout se présente donc comme un dessin lambda, mais saturé de références et d’indications pour les animateurs. La première salle présente en quelques définitions les termes lexicaux utilisés par ces derniers pour communiquer (et travailler) entre eux.

Ainsi, l’indication « BG » désigne le Background, dessin fixe qui donne l’arrière-plan de la scène. Juste que là tout va bien. La mention « Book » désigne des éléments de décor, fixes également, mais qui viennent se rajouter au  background pour donner de la profondeur (et un effet de relief) ou pour intervenir directement dans l’animation (exemple un arbre indiqué en book, permettra la disparition d’un personnage derrière lui au fil de l’animation de la scène). On suit toujours. La couleur rouge est utilisée sur le layout pour indiquer aux animateurs les parties qui vont bouger dans la scène, comme les fumées, les nuages, les feuilles ou les personnages. L’éventuelle mention « Track down/ up » indique un mouvement descendant ou ascendant (en fait une succession de dessins qui doivent créer ce mouvement).  « Pan » se réfère quant à lui au mouvement panoramique, créé par une succession de dessins beaucoup plus grands (un bon exemple est donné dans l’expo avec l’extrait de Kiki, la petite sorcière). « Follow » indique un mouvent horizontal, de droite à gauche ou inversement (crée par le mouvement de la caméra sur l’image fixe). « In/out » indique les entrées ou sorties d’élément sur la feuille (objets ou personnages qui entrent ou sortent du dessin). « Kin » (?) terme japonais apparaissant comme une simple ligne rouge sur le layout et qui permet en fait d’indiquer les points de contacts entre le décor (une chaise par exemple) et un personnage (assis dessus), sachant qu’une équipe s’occupe des décors, quand une autre s’occupe de l’animation des personnages.

D’autres effets sont mentionnés sur le layout comme l’effet de transparence (mais j’avoue les avoir oubliés depuis l’exposition et certain d’entre eux, j’ai tout simplement pas vu ce à quoi ils se référaient) et il ne faut pas oublier par contre la mention de la vitesse.

Après cette salle, le visiteur est « jeté » dans le grand bain de l’animation : les salles suivantes se composent essentiellement de mur d’images, suivant dans l’ordre chronologique l’ensemble des films du studio Ghibli. « Jeter », parce qu’au départ, on ne voit rien que des images fixes, puis peu à peu en revenant aux définitions du début et en étant patient, on voit les dessins s’animer progressivement. Et à partir de là, cette exposition devient splendide. On est comme écrasé par le talent artistique et technique du studio et de ses deux réalisateurs.

Le fait de connaitre les films aident beaucoup, même si au bout d’un moment quelques vidéos accompagnent le visiteur pour lui permettre de mieux voir l’animation au regard du layout. On retrouve bien l’esprit Ghibli, un travail minutieux et une volonté de s’expliquer en mettant le visiteur dans la peau d’un animateur. Déroutant au début mais finalement respectueux de notre capacité à les suivre et gratifiant au final.

Quelques belles surprises dans l’expo : un petit dessin de Miyazaki s’excusant auprès d’un animateur suite à une erreur de layout, obligeant ce dernier à tout refaire, les décors de Chihiro, la scène de Princesse Mononoké dans la montagne, et la photo souvenir dans le train avec Chihiro. Et surtout ne pas s’arrêter dans le boutique, c’est mortel pour le porte-monnaie.

MathieuChihiro

 

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