Hokusaï au Grand Palais

Monumentale exposition des estampes et livres illustrés d’Hokusaï, artiste japonais de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle, découvert en France en 1850, soit quelques années après sa mort.

La première salle revient d’ailleurs sur la choc que fut la découverte de cet artiste en France, ce qui donna lieu à un engouement prolifique pour le Japon. Les paysages japonais font alors le bonheur des collectionneurs, de même que les carpes qui envahissent les céramiques.

Les sept autres salles suivent chronologiquement les différentes périodes artistiques du grand maitre, avec cette particularité : à chaque évolution de son style, il s’est donné un nouveau nom : Shunro, Sori, Hokusaï, Katsushika Hokusaï, Taito, Litsu et Gakyo Rojin Manji.

L’ampleur des collections présentées pour chaque période est impressionnante, mais elle est atténuée par le manque de visibilité dû au trop grand nombre de visiteurs. On se lasse assez rapidement de faire la queue devant chaque estampe, aussi fine et méticuleuse soit elle. Et la majorité des œuvres présentées sont de petits formats (des livres illustrés ou des estampes de dimension A4), il est alors difficile de voir, de prendre le temps d’admirer leur finesse. Il faut également ajouter à cela que ces estampes illustrent des comptines ou des récits historiques connus au Japon mais pour la plupart ignorés ici. Les cartouches de présentation les présentent en quelques lignes, mais cela ne permet pas de bien appréhender l’importance des faits racontés et les choix opérés dans leur représentation. Reste que c’est beau, mais pour ma part j’ai eu l’impression de rester à l’extérieur de l’œuvre, de n’en voir que la superficialité esthétique.

Katsushika Hokusai – Deux grues sur un pin couvert de neige

La vidéo décrivant le procédé de la gravure sur bois et de l’estampe est passionnante. Elle permet de se rendre compte du travail préparatoire et donne des éléments de compréhension pour appréhender la composition du dessin.

L’avant-dernière salle présente la période Litsu, celle pendant laquelle Hokusai va créer ses chefs-d’œuvre les plus connus comme les Trente six vues du mont Fuji, avec le fameuse vague (qu’on repère facilement à l’amas de visiteur devant).

Le « vieil homme fou de peinture » meurt à 89 ans, lui qui se voyait centenaire et qui avouait attendre l’âge de 80 ans pour commencer à comprendre la peinture. J’ai adoré la citation finale de l’exposition :

Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole. Ecrit, à l’âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s