La Mondaine de Jordi Lafebre et Zidrou

Avril 1944 : des Parisiens se retrouvent coincés dans un abri souterrain pendant le bombardement de la ville. Un groupe disparate composé d’un officier SS, de familles apeurées, de jeunes femmes audacieuses et d’un inspecteur de la Brigade mondaine. Pour tromper l’ennui, l’inspecteur s’entretient avec l’officier SS.

1937 : Aimé Louzeau va prendre ses fonctions à la Mondaine, la fameuse brigade des mœurs. En quelques jours, il va découvrir les méthodes d’infiltration, les techniques d’interrogatoire, les planques et bien évidemment les secrets bien gardés des hommes d’état. Un quotidien qui devient vite sordide, jusqu’à sa rencontre avec Eeva, danseuse dans un cabaret d’un genre nouveau, le Zoothrope.

1942 : Cinq années se sont écoulées depuis sa prise de fonction dans la Mondaine et tant de choses ont changé. Eeva a disparu. La course « Le tour des quais » oppose les forces de l’ordre françaises à l’occupant allemand, les soldats sont partout maintenant et donnent des ordres. Aimé doit à présent participer aux mesures contre les juifs.

Une bande dessinée en deux tomes avec un scénario relativement simple centré autour de la personne d’un jeune inspecteur qui prend ses fonctions avant-guerre et qui va subir les événements de 40. Dans le premier tome, l’atmosphère est plutôt joyeuse, Aimé découvre ses collègues et son travail. Parallèlement le lecteur découvre le Paris des années 30 : les courses aux Vel’d’Hiv’, la vie parisienne, les méthodes policières de l’époque… Tout parait alors bon enfant. Le deuxième tome reprend alors que la France est occupée. Le quotidien de la Mondaine devient fétide et pourtant Aimé ne fait rien, ce qui le conduit peu à peu dans l’errance. J’aime beaucoup l’atmosphère qui se dégage de ces deux albums, les auteurs ont à mon goût bien su recréer le Paris de cette période. C’est ce qui fait la grande qualité de cette série.

Je regrette cependant une lecture un peu trop bienveillante de l’implication des forces de police dans la rafle du Vel’ d’Hiv’. Je veux bien croire que quelques gendarmes aient obéi aux ordre par peur de représailles mais en regrettant profondément leurs gestes ; par contre d’autre ont essayé d’agir (en prévenant les familles par exemple) et certains ont adhéré idéologiquement à l’arrestation et la déportation des juifs. De quoi nuancer peut-être notre sympathie de lecteur envers un jeune inspecteur pris dans le tourment de la guerre.

Première apparition d’Eeva

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