Black Mirror (saison 1) de Charlie Brooker

Série britannique de trois épisodes diffusées en 2011 sur Channel 4. Le principe de cette première saison est de diffuser trois épisodes sans rapport les uns avec les autres du point de vue de la narration (les personnages, les lieux et les époques sont différents), mais dissertent tous sur notre rapport à l’image (et plus généralement aux médias).

Le premier épisode (de loin le plus faible de cette saison) prend à priori appui sur un fait divers people survenu il y a quelques années en Grande-Bretagne. Impossible de retrouver les images sur Google ou le nom de ce parlementaire, en tout cas, je me souviens que l’affaire avait fait grand bruit quand un ex-parlementaire s’était déguisé en cochon dans le cadre d’une émission de télé-réalité. La fiction inventée dans ce premier épisode va plus loin (ce qui constitue probablement sa principale faiblesse) puisque l’auteur y imagine un chantage concernant le Premier Ministre britannique (rien de moins) l’obligeant à forniquer avec un cochon, le tout sous l’œil de caméra qui rediffuse en temps réel son exploit. Le fait que le personnage politique le plus important du royaume accepte le chantage et s’accouple avec la pauvre bête devant un parterre d’anglais médusés parait tellement pas crédible que l’ensemble de l’épisode (et ce qu’il tente de démontrer) est invalidé.

Le deuxième épisode nous projette dans le futur, où des jeunes personnes sans travail (?) acceptent de passer leur journée à pédaler sur un vélo de sport pour accumuler des kilomètres et se rapprocher des précieuses 1 500 000 unités, sésame qui leur ouvrira la porte d’une émission de téléréalité. L’esthétisme de l’épisode est plaisant, par contre le propos est convenu.

Le dernier épisode est de très loin le plus intéressant. On ne sait pas bien à quelle époque se passe cette histoire, en tout cas dans un futur plus ou moins proche dans lequel les humains disposent d’une petite puce derrière l’oreille qui leur permet enregistrer en temps réel (et de sauvegarder) leur souvenirs. Il est question dans cet épisode de faillibilité de la mémoire, mais également de l’obsession de la surveillance, via l’enregistrement de ce tout ce dit ou fait son entourage, du danger de rappeler sans arrêt le passé au point de ne plus voir le présent. Thème classique (déjà traité par John Crowley dans sa nouvelle Snow de manière bien plus mélancolique) mais assez bien mis en scène dans ce dernier épisode, avec une vision très brutale (et anglaise) de la société.

Pour l’instant, un bilan assez mitigé. Le principe de changer d’histoire à chaque épisode est astucieux et le fait que l’ensemble de la série s’intéresse à notre rapport à l’image la rend intéressante. Par contre pour ce qui est de la saison, le propos général est au mieux pas mal, mais le plus souvent il reste dans la zone de ce qu’il est convenu de dénoncer dans les médias.

On attend la suite avec la saison 2 en espérant un propos un peu plus original.

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