The Peaky Blinders (saison 2) de Steven Knight

We are the Peaky Blinders. La famille Shelby est de retour, les affaires tournent toujours aussi bien et Tom (Cillian Murphy), le chef de famille voit de plus en plus loin : vers Londres. Côté famille, tout ne va pas pour le mieux : Polly a en assez de la violence et veut retrouver ses deux enfants, qui lui ont été enlevés il y a des années ; Ada élève seule son enfant, depuis la mort prématurée de son mari ; Arthur est devenu une bête accro à l’alcool et à la drogue, ce qui lui fait perdre les pédales dans de vrais accès de brutalité démente ; Tom a renoncé à Grace, et se consacre exclusivement à l’expansion de l’empire Shelby.

L’Empire Shelby justement. Posséder Birmingham ne leur suffit plus, il leur faut à présent Londres. Tom prévoit de faire affaire avec Alfie Solomons, truand juif spécialisé dans la vente d’alcool sur la capitale. Avec lui, Tom souhaite s’attaquer à Darby Santini, pour lui prendre son territoire londonien. Une lutte de gangs qui pourrait bien emporter Tom et sa famille dans un tourbillon funeste…

… à moins que l’inspecteur Campbell, des services secrets de Sa Majesté britannique, qui a toujours le regard sur Tom, ne soit celui qui en précipitera la fin. Dans un contexte d’affrontement grandissant entre les pros et les anti-Traité en Irlande, Tom se voit confier une mission périlleuse, dont il sait qu’il n’en sortira pas vivant. A moins de jouer un double jeu, pour tromper tout le monde, gangsters comme policiers.

Un peu déçus par cette deuxième saison de Peaky Blinders. La série se complait de plus en plus dans des travers aguicheurs, avec à l’appui un nombre important d’images violentes, sur fond de musique attrayante (Nick Cave, Arctic Monkeys, PJ Harvey, The Kills, etc.). Ca claque, ça épate le chaland, mais ça sonne creux parfois, et cela devient vite un nouveau gimmick un peu paresseux jouant sur l’effet de contraste entre la reconstitution historique et le rock ‘n roll de la bande-son, d’autant que certaines trames narratives sont ou laissées de côté ou traitées de manière cavalière.

Aflie Solomons (Tom Hardy) n’est pour l’instant qu’une caricature, un peu flippante certes, mais relativement grotesque. Il n’a pas vraiment d’intérêt à être là, son association avec Tom est peu crédible de même que ses multiples retournements de vestes. Dommage car Tom Hardy est excellent, il y aurait de quoi développer son personnage pour en faire autre chose qu’une marionnette effrayante.

Quant au traitement du conflit irlandais, on touche progressivement le fond. Comment l’auteur espère-t-il nous faire croire que la guerre civile irlandaise va naitre de l’action de Tom, quand on sait qu’elle est contenue dans l’idée même du traité ? En 1922, les Irlandais n’ont pas besoin de Tom pour s’entredéchirer. Si l’auteur veut accrocher les agissements d’un gang irlandais en Angleterre avec ce qui se passe en Irlande, bien lui en fasse, mais il lui faut alors se mettre au courant de la chronologie et des enjeux du conflit. Sinon, au mieux ça fait toc, au pire c’est complètement à côté.

Reste la scène finale, impressionnante. Tom se transforme peu à peu en Michael Corléone, version irlandaise. Cillian Murphy est bon, dans ce personnage mi-charmeur mi-brute, qui cherche à mettre à l’abri sa famille au point de l’enfermer dans sa vendetta personnelle. On voit vers où va le personnage. On cherche maintenant à savoir qui, de sa famille, mettra un terme à sa folie expansionniste. Le fils de Polly semble un bon candidat. Le trio Grace-Tom-May est absolument inintéressant car pas original pour un penny (le coup du chef gangster hésitant entre deux femmes), apparaît pour ce qu’il est : une caution au public féminin de la série, ce qui est navrant. Le conflit Solomons-Shelby-Santini rappelle trop les Parrains. Cette fois le public visé est plutôt masculin, à la recherche de scènes bien violentes, ce qui est tout aussi peu original et aussi navrant.

Ce qui fait (et fera) l’intérêt de cette série réside dans la capacité de l’auteur a replacé son histoire plutôt banale de gangsters dans un contexte social et historique. L’époque des Peaky Blinders s’y prête tant dans l’Angleterre d’après-Grande Guerre que dans l’Irlande d’après-Traité. Mais au vue de cette deuxième saison, les scénaristes semblent se contenter de scènes faciles (violence et sexe) et d’une vague, très vague évocation historique. On attend mieux, donc.

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