The Boxtrolls de Graham Annable et Anthony Stacchi

Bienvenue dans l’univers merveilleux et quelque peu foutraque des Boxtrolls, film d’animation inspiré des personnages d’Alan Snow. Dans le village de Cheesebridge vit une congrégation d’hommes aux chapeaux blancs (ils ne sont que quatre) qui ont la précieuse mission de diriger les affaires publiques, mais qui passe le plus clair de leur temps à goûter des fromages. Un homme, Snatcher, leur envie tellement leur position qu’il décide de mettre au point un plan diabolique pour se faire accepter dans la congrégation. Son plan est simple : le village est construit sur d’anciennes grottes qui abritent une population de Boxtrolls, créatures douées en mécanique et absolument inoffensives. En les faisant passer pour des monstres, puis en proposant ses services pour débarrasser le village de cette menace, Snatcher espère obtenir le précieux chapeau blanc, signe de son entrée dans le saint des saints (à savoir la salle de dégustation). Il organise donc le kidnapping d’un enfant, raconte ensuite que l’enfant a été volé puis dévoré par les Boxtrolls, puis il organise l’élimination des monstres en imposant une couvre-feu et en sillonnant la ville à la recherche des petites boites.

Son plan semble fonctionner, le personnage le plus important de la ville, Lord Portley-Rind accepte le marché et promet à Snatcher un chapeau s’il ramène tous les boxtrolls.

La traque de ces derniers commencent. Mais Snatcher n’avait pas prévu que l’enfant kidnappé réapparaîtrait et viendrait foutre le boxon dans son plan machiavélique…

Des extraordinaires livres d’Alan Snow, on ne retrouve pas grand chose dans ce film d’animation si ce n’est les Boxtrolls eux-mêmes. Pour le reste, les livres de Snow sont différents, tant par leur histoire que par la profusion de personnages et d’inventions que l’auteur met en place dans ses aventures. Pour les amateurs d’Alan Snow, il ne faut pas s’attendre à retrouver ses livres, ce qui d’ailleurs n’apporterait vraiment rien, tant ses ouvrages (et ses dessins) sont magnifiques sur papier. Pour ceux qui ne connaissent pas Alan Snow, voir nos billets sur ses deux ouvrages : Au Bonheur des monstres et La Galère des monstres.

Cela dit, le film est très beau. L’animation est vraiment réussie et on retrouve le savoir-faire du studio Laika, qui avait déjà fait le très beau Coraline. ici, la pâte à modeler et l’animation de synthèse sont très bien mêlés pour donner une texture à la fois un peu rugueuse et en même temps une animation fluide. Et même s’il ne l’évite pas complètement, notamment pour toutes les scènes autour de la figure du père, on est loin du maniérisme de Disney. Le film se saisit d’un schéma narratif ultra-classique (le héros sort de son monde pour confronter un autre monde, il y rencontre une fille, ensemble ils retournent dans le monde du héros qui est à présent changé car son identité est modifié, avant de confronter une dernière fois l’autre monde) ainsi que d’un thème tout aussi classique (la double identité et donc celui qui est étranger partout) mais le fait de manière ingénieuse, avec un vrai sens de la narration. Il y a même quelques trouvailles remarquables comme les discussions entre les deux complices de Snatcher (qui donne lieu à une magnifique scène après le générique), l’allergie de Snatcher ou l’utilisation d’une opérette italienne.

Même si les livres de Snow sont clairement beaucoup plus riches que ce que donne à voir ce film, The Boxtrolls se regarde sans déplaisir. Et surtout, ne partez pas avant la fin du générique sinon vous louperez cette magnifique scène d’animation (et d’humour British):

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s