Le Labyrinthe de James Dashner et Le Labyrinthe de Wes Ball

Mais pourquoi diable regarder un film pareil ? Parce qu’il est l’adaptation d’un livre de jeunesse, Le Labyrinthe, de James Dashner qui ravit nos jeunes têtes blondes (plutôt collégiens) et que cela entraîne même des débats presque passionnés sur le thème de « Hunger Games, c’est moins bien et Divergente c’est pour les filles ». Mon sang de documentaliste n’en fait qu’un tour et tout cela m’interpelle. Pour avoir lu les deux autres et avoir découvert récemment le premier tome de Labyrinthe, j’avoue ne pas bien sentir de grandes différences autour de ces romans : des histoires de survivants, de Terre inhabitable pour cause soit de guerre nucléaire soit de réchauffement climatique et une société qui devient totalitaire en réaction. Et des livres plutôt mal écrits, avec une profusion de dialogues (à tel point qu’on a parfois l’impression de lire une conversation et non un roman) et des descriptions elliptiques pour ne pas dire inexistantes (il faut croire que les éditeurs demandent aux écrivains d’éviter les longs passages de non-dialogues). 

Concentrons-nous sur Le Labyrinthe. Le personnage principal du roman s’appelle Thomas. Il apparaît au début du roman dans une cage d’ascenseur d’où il se réveille en pleine amnésie. Puis l’ascenseur se met en mouvement et voilà Thomas amené dans les airs vers un lieu inconnu. Quand les portes de l’ascenseur s’ouvrent, Thomas découvre une bande de jeune garçons (clin d’œil à sa Majesté des mouches, mais la comparaison s’arrête là), et surtout le Bloc. Pour faire court, ces garçons vivent depuis plus de deux ans dans ce lieu, au milieu d’un gigantesque labyrinthe, qu’ils tentent de parcourir pour en trouver la sortie. En vain. Parallèlement à ces recherches (qui sont menées par les coureurs, garçons sélectionnés pour les aptitudes physiques et intellectuelles puisqu’ils doivent mémoriser leur parcours quotidien dans le labyrinthe, qui lui change de forme toutes les nuits), la vie s’organise dans le bloc. Des garçons s’occupent du bétail, d’autres du jardin ou des bâtiments. On retrouve presque là l’organisation en factions version Divergente, la dimension « philosophique » en moins (les factions étant organisées dans Divergente selon des capacités morales et non des aptitudes physiques).

Thomas est particulier. Il a quelques souvenirs de sa vie d’avant, mais surtout certains garçons pensent le reconnaître. Il devient vite l’élément perturbateur du Bloc et sera rejoint dans ce rôle périlleux par une jeune fille, Teresa, la première fille du Bloc et le dernier envoi de l’ascenseur (qui jusqu’à présent envoyait un garçon par mois).

Le groupe parviendra à déjouer l’énigme du labyrinthe sous les ordres de Thomas et de Teresa. Ils devront pour cela payer le prix fort et surtout ils découvriront que ce labyrinthe n’est qu’un leurre et qu’ils leur faut chercher au-delà.

Le film reprend dans les grandes lignes le roman, en simplifiant parfois certains passages et, plus gênant, en modifiant complètement les modalités de sortie du labyrinthe, ce qui crée dans le film une vague incohérence (les coureurs ont parcouru le labyrinthe pendant deux ans sans trouver de sortie, Thomas trouve une issue dès sa première sortie, mouais moyen quand même). L’histoire de ce labyrinthe se rapproche un peu de celle de Hunger Games, puisque les garçons sont en fait soumis à des épreuves pour éprouver leur intelligence et leur force. Elle flirte aussi avec tous les romans de jeunesse d’anticipation qui presque tous ont pour thème l’anéantissement de la planète (ici une combinaison aussi improbable que ridicule d’un virus et des explosions solaires). Elle rappelle aussi par certains aspects celle de Divergente, puisque les garçons rencontrent à la fin du roman des soldats qui luttent contre le pouvoir en place (ceux qui ont mis en place le labyrinthe), à savoir des méchants scientifiques qui prétendent agirent pour le bien de l’humanité (Savants versus Audacieux, encore et toujours).

Mais tout lecteur averti sait que le labyrinthe étant une leurre, ce sauvetage par les soldats également et qu’on s’avance tranquillement vers un canular complet (roman y compris). Pour preuve, la (superbe) couverture du tome 2:

Prochaine épreuve: les soldats dans le désert…

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