Nightcrawler (Night Call) de Dan Gilroy

Louis Bloom (Jake Gyllenhaal) est un marginal psychotique qui a intégré les préceptes du capitalisme libéral tant et si bien qu’il est persuadé qu’il doit réussir, parce que l’inverse serait impensable. Sa voie ne sera pas le vol de matériaux de construction ni le vol de vélos sur Long Beach, non : ce sera de filmer les faits divers, si possible les plus « graphic » (traduction : violents et dégeus) possible. Accidents de voiture, victimes d’agressions, vols, crimes en tous genres sont donc le lot quotidien de Lou qui, la nuit, arpente les rues de LA dans sa voiture en quête d’images de choc à filmer pour ensuite les vendre aux chaines de télé locales qui s’abreuvent de cette violence et déverse cette peur à longueur de journée, notamment Nina (Rene Russo) la productrice du journal de 6 heures d’une de ces chaines.

Le film est donc une longue suite de séquences de nuit, avec une belle photographie (mais qui ne vaut pas Mulholland Drive ou Collateral), et quelques lignes de dialogue réussis. Sinon ? Hé bien pas grand chose à vrai dire. La vague dénonciation des médias et du capitalisme en reste là, et tout le dispositif, qui lasse tout de même assez rapidement, repose sur le personnage incarné par un Gyllenhaal quasi-serpentesque tant il devient maigre, les joues creusées et le regard fou. Mais, alors que ce devrait être la force du film (la promotion et les critiques sont en effet centrées sur la « performance » de Gyllenhaal) c’est justement là sa faiblesse, car celui-ci se contente uniquement de mettre en scène ce personnage qui est donc un psychotique fini. How convenient, car, du coup, à part une ou deux répliques, aucune analyse de ce voyeurisme des médias n’est proposée. Les autres personnages ne sont jamais vraiment caractérisés et n’existent tellement pas qu’on ne comprend pas pourquoi ils supportent Lou alors qu’ils devraient l’envoyer paître. Rapidement, le film tourne en rond à l’instar de Lou à bord de sa voiture rouge et l’intrigue autour du triple homicide permet de tenir jusqu’à la fin, mais globalement, on s’ennuie ferme. Dès lors, ne reste que l’impression d’un film criard, prétentieux et, finalement, qui se complait dans ce qu’il prétend dénoncer.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s