Orange is the New Black (saison 1) de Jenji Kohan

L’autre série produite par Netfix, dont on connait déjà House of Cards. La première saison date d’il y a déjà quelques années, et la saison 3 est attendue pour une diffusion en 2015 aux USA. Cette première saison raconte sur treize épisodes le quotidien de Piper Chapman, une trentenaire new-yorkaise, condamnée à quinze ans de prison pour avoir transporté de la drogue. Ces faits remontent à plusieurs années, alors que Piper était la compagne d’une femme, Alex, qui revendait pour un grand cartel de drogue. Depuis Alex et Piper se sont séparées, Piper a refait sa vie avec Larry (et s’apprête à l’épouser), mais lorsqu’Alex se fait arrêter et balance tout aux flics, Piper se retrouve vite en cabane.

Elle est incarcérée dans une prison fédérale pour femmes, où elle va devoir faire sa place. Elle y découvre la ségrégation à l’intérieur des prisons, le manque d’intimité, les luttes de pouvoir, l’obligation de se faire des alliés… Dans les premiers temps, Larry lui apporte un soutien moral et financier, mais lorsque ce dernier apprend qu’Alex est emprisonnée dans le même quartier carcéral, il commence à douter de la fidélité de Piper et le reste s’enchaîne logiquement…

Une série surprenante qui, contrairement à Oz (que je n’ai toujours pas vu), ne joue pas la carte du réalisme mais cherche davantage à faire rire et à émouvoir. On peut donc être parfois surpris et un peu décontenancé par les échanges entre détenus (et la décontraction au sein de la prison) et le caractère non-dramatique de certaines scènes qui vont pourtant côtoyer une réalité plus crue (suicide notamment). Le mélange est détonant mais, pour ce qui est de cette première saison, fonctionne assez bien.

La série se vend clairement autour des trois personnages que sont Alex, Larry et Piper, tous trois incarnés par le modèle standard de l’acteur hollywoodien (spécial dédicace à Jason Biggs, l’acteur American Pie). Ils sont entourés d’une kyrielle d’acteur qui font le charme de cette série : des gros, des moches, des fous, des vieux … bref toute une ribambelle de personnages qu’on ne voit d’habitude jamais à l’écran (ou rarement). Tous sont des exclus du système, des laissés-pour-compte qui, pour ne pas tomber dans la misère, ont commis de menus larcins (vente de drogue, consommation surtout, quelques vols). Peu d’homicides et encore moins d’homicides volontaires. Et c’est là la limite de cette série, cette galerie de personnages forts sympathiques témoignent d’une réalité de l’incarcération (des détenus sociaux et même des détenus ayant plus leur place dans un institut de soins psychiatriques), mais regroupés dans un même ensemble, ça fait un peu bidon. Il y a très peu de violence entre les détenues mais aussi entre les détenues et le personnel de surveillance, ce qui facilement grandement la mise en place de cet humour décalé dans la série, mais pose un problème de crédibilité.

Quant à la tentation d’une série lesbienne, elle est clairement assumée (il n’y a pas un seul épisode où il n’est pas question de sexe) mais ne dérive pas vers le fantasme absolu de hordes de femmes s’excitant en permanence. Certains épisodes sont d’ailleurs plutôt réjouissants sur la question de la sexualité féminine. Reste là encore un problème de crédibilité peut-être : la majorité des relations sexuelles vécues dans la prison sont consenties (entre codétenus ou entre détenues et personnel), ce qui me parait peu croyable dans un univers carcéral.

Une série divertissante au final, absolument pas réaliste, mais avec quelques éléments intéressants sur la société américaine, sur les femmes et leur rapport au sexe.

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