The Honourable Woman d’Hugo Blick

Mini-série de huit épisodes, produit d’une collaboration entre le Royaume-Uni et les États-Unis, la série a été d’abord diffusée sur BCC Two puis sur Sundance TV. Se situant dans le temps présent, la série suit le parcours publique et politique de Nessa Stein (Maggie Gyllenhaal), héritière d’une importante famille israélienne, tout juste anoblie par la Reine (elle bénéficie d’un double passeport) et œuvrant depuis de nombreuses années pour le développement numérique de la Cisjordanie dans une perspective d’échanges et de paix entre les deux nations.

Le premier épisode s’ouvre sur l’assassinat à Londres du père de Nessa Stein, un homme d’affaire fortement impliqué dans la naissance et l’affirmation de l’Etat d’Israël, qu’il appuie par sa production d’armes. L’homme est tué devant ses deux enfants, Nessa et Ephra, son frère. Quelques années plus tard, Nessa a repris les commandes de l’entreprise familiale et a décidé de poursuivre l’œuvre de son père, en assurant à  sa manière la sécurité d’Israël. Sous son influence, des universités de haute technologie sont construites en Cisjordanie et un important réseau de télécommunications est mis en place dans le but de désenclaver le territoire. Les deux premières phases de déploiement du réseau ont été confiés à un proche de la famille, Schlomo Zahary. La troisième phase va être confiée à un homme d’affaires palestinien. Après des vérifications approfondies sur ses liens éventuels avec des organisations terroristes, Nessa accepte de lui confier le projet, d’autant que dans le même temps, des doutes sont formulés sur l’intégrité de Schlomo.

Au moment où Nessa annonce le nom du prochain responsable de la troisième phase, ce dernier est retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel. Sa mort, d’abord présentée comme un suicide, est rapidement vue comme un assassinat. Les services secrets anglais sont chargés de l’enquête et s’intéressent alors à la famille Stein et aux rumeurs les concernant.

Alors que Nessa Stein commence à subir quelques pressions pour choisir un autre entrepreneur palestinien, le fils de sa gouvernante est enlevé. L’enfant, âgé de huit ans, était dans la famille Stein depuis toujours, depuis que Nessa et sa guide (devenue gouvernante de la famille depuis) ont été enlevées dans la bande de Gaza huit ans plus tôt. Un haut responsable des services secrets, Hugh Hayden-Hoyle (Stephen Rea), perçoit que quelque chose s’est joué huit ans auparavant et se rejoue maintenant. Ce qui confirme le silence de la famille Stein sur la disparition de l’enfant et l’intervention de la CIA pour ne pas enquêter sur la mort de l’entrepreneur palestinien.

Nessa Stein, obnubilée à l’idée que sa famille puisse être compromise, semble ne vivre que dans un monde de mensonges.

Une série d’espionnage plutôt bien ficelée, avec une vague tentative de regard sur le conflit palestinien, même si l’auteur par prudence ou par manque d’audace, se confine dans l’espace d’une famille, de ses trahisons et de ses déboires avec les autorités israéliennes et palestiniennes et bien évidement avec les services secrets américains et anglais. On notera un portrait peu flatteur des Palestiniens (des hommes ou des femmes qui n’ont que la violence comme arme) face à une famille israélienne qui tente de sortir tout le monde du conflit, en vain. On s’amusera également du rôle que les services secrets britanniques jouent face à la CIA. Ils doivent en rêver, la fiction l’a fait. Parce que dans la réalité, je les vois mal damner le pion aux Américains. Il y a ici ou là quelques petites incohérences (le garde qui se fait avoir comme un bleu dans l’usine) ou des effets plutôt heureux (comme la naissance du garçon, loin d’être programmable). Quelques trames secondaires semblent incongrues face au reste de la série, en particulier tout ce qui concerne les tentatives malheureuses de Stephen Rea pour reconquérir sa femme.

Reste que les acteurs sont impressionnants, Maggie Gyllenhaal bien évidement mais aussi le Droopy de service, Stephen Rea. Et il ne faut pas bouder son plaisir, la réalisation est vraiment agréable. Sobre, posée, avec quelques effets de mise en scène, mais en général, que ce soit les ralentis, les plans, les choix de narrations, le réalisateur allie intelligemment simplicité, audace et cohérence.

Cette série ne permet en rien de comprendre le conflit palestinien, elle utilise ce contexte pour raconter une histoire d’espionnage finalement plutôt classique mais qui dans l’environnement choisi fait original. Encore une fois l’auteur est suffisamment prudent pour ne pas s’aventurer dans l’historique du conflit, il reste dans les marges, pour donner quelques éléments de crédibilité à sa série. Mais il se garde bien d’aller plus loin. Ce qui fait de Honourable Woman, une bonne série d’espionnage, mais pas plus. Et c’est déjà bien.

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