Buffalo Runner de Tiburce Oger

L’éditeur Rue de Sèvres a une prédilection pour les grands formats bd, il est notamment l’éditeur du Château dans les étoiles et de Buffalo Runner. L’avantage du grand format est qu’il attire l’œil, notamment l’œil d’un certain Mathieu F., qui a craqué à Bulle pour cette bande dessinée, pour son grand format d’une part et pour cette citation d’autre part : « La conquête de l’Ouest est une histoire de pauvres ».  Tel est en effet l’ambition de ce one shot : présenter la conquête de l’Ouest par ceux qui l’ont faite, à savoir les brigands, les pauvres, les nécessiteux.

Dans un atelier de photographie un homme se fait tirer le portrait en habit d’aventurier de l’Ouest. En attendant son tirage l’homme promène son regard dans la boutique et tombe sur le portrait d’un homme différent, au regard « lointain et pourtant si intense ». Il s’agit d’Edmund Fisher, un vrai aventurier de l’Ouest.

1896, au sud du Texas, à la frontière mexicaine, un homme quitte la Nouvelle Orléans avec sa fille et son fils pour vivre l’aventure de l’Ouest. Ce benêt croise un groupe de Mexicains, de Mescaleros et de Chiricahuas, et entame avec eux une discussion civilisée avant de comprendre, mais trop tard, que ces derniers vont le tuer et le voler. Seule la fille échappe à ces meurtriers, grâce à l’intervention d’un homme, Edmund Fisher. Les deux se réfugient dans un pueblo abandonné : Fisher sait en effet que la troupe à laquelle appartenait ces hommes va venir les venger. Ils passent la nuit à préparer leurs armes, refondre des munitions et discuter sur leur vie d’avant. Notamment Fisher qui finit par parler tout seul…

Un one shot attrayant, pour ses dessins tout d’abord qui méritent pleinement ce grand format. Pour son histoire enfin, qui reprend tous les stéréotypes du genre (la guerre de Sécession et sa boucherie, la chasse aux bisons et ses massacres de 40 à 50 millions de bisons en 20 ans, l’affrontement avec les Indiens) en y ajoutant une pointe de contexte historique (la conquête de l’Ouest est le fait d’immigrants pauvres) et un soupçon d’originalité (dans la construction du récit notamment mais également dans le choix de certains personnages comme celui du Frenchie aristo fraichement débarqué dans l’Ouest américain avec sa fortune). L’auteur ne se place pas dans la lignée des westerns crépusculaires, ni des westerns spaghetti, il est plus dans un entre-deux historique et légendaire. Le résultat n’est pas renversant, mais suffisamment bien mené (et documenté) pour emporter l’adhésion.

 

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5 réflexions sur “Buffalo Runner de Tiburce Oger

  1. Je veux bien lire que le résultat n’est pas renversant, mais je me permet d’émettre un doute quand à la fiabilité d’une telle critique quand on n’est pas capable de lire et de retranscrire le prénom de l’auteur. Cordialement Tiburce Oger, et non Tiburge… 😉

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    • En fait, M. Tiburce Oger, votre commentaire nous a fait reprendre notre discussion autour de votre BD. Et c’est à la fois la grande opportunité d’Internet et d’un blog comme celui-ci et le côté un peu vertigineux que de savoir qu’une critique est lue par l’auteur de l’oeuvre, mais cela implique d’être honnête, je crois. Je réitère ce que j’ai écrit (car c’est une critique à quatre mains, mais l’interface de WordPress ne permet pas de l’afficher) : Buffalo Runner est très beau. Le grand format est magnifique et permet une mise en images du fond historique que vous utilisez et qui fait l’intérêt de cette histoire d’un ex-soldat, cow-boy, aventurier. Pourtant, je trouve — et c’est là où se place l’honnêteté — que vous n’êtes pas allé au bout du projet que vous décrivez vous-même dans l’entretien à la fin de l’album. D’une certaine manière, je regrette le twist final, car il vous permet de rester sur cette histoire de Fisher qui, si elle interroge le mythe de la conquête de l’Ouest, ne permet pas de le repenser, car finalement, il l’incarne, y compris jusque dans les stéréotypes que nous en avons déjà. Or, l’épilogue, lui, montre qu’en fait, le vrai personnage d’une histoire sur l’Ouest ré-exploré, réinterrogeant tous les clichés, aurait pu être cet aristo français.

      Mais comme on dit — et ce sera ma pirouette finale — il n’est de meilleur compliment que la critique sincère, et votre BD, si elle ne « renverse » pas le sujet que vous abordez, le traite avec brio.

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  2. Merci , j’espère effectivement pouvoir traiter de manière plus approfondie l’histoire passionnante du marquis de Morès, avec ses faces sombres, c’est en projet. Amitié Tiburce

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