The Hunger Games : Mockingjay – Part 1 de Francis Lawrence

Il est de coutume en ce moment à Hollywood de diviser par deux l’adaptation au cinéma du dernier tome d’une série : ce fut le cas pour le dernier tome d’Harry Potter, les Reliques de la mort, ce sera le cas avec l’adaptation du dernier tome de la trilogie Divergente et c’est donc le cas avec Hunger Games. A croire qu’il faut retarder la fin de la franchise, faute d’avoir d’autres scénarios sous la main. Pas la peine de préciser que ce choix de multiplier par deux l’adaptation du dernier roman engendre pour le spectateur quelques beaux moments de pure lenteur. On retrouve un phénomène similaire à la télé : la dernière saison de Breaking Bad a été diffusée sur deux années, celle de Mad Men également. Il faut espérer qu’ils n’en fassent pas de même avec Game of Thrones ou alors on est bon pour regarder la fin de la série avec nos enfants.

Une fois posé le fait que dans ce troisième film il ne se passe par grand chose, nous allons tout de même indiquer les quelques éléments qui font progresser (à pas lents) l’intrigue. Katniss a été exfiltrée du jeu par un groupe de résistants. Sa famille a, elle aussi, été mise à l’abri quelques heures à peine avant que le Capitole décide l’éradication complète du district 12. Katniss découvre alors l’existence d’une résistance organisée, fondée en partie sur les restes du district 13, qui s’était soulevé il y a de nombreuses années, soulèvement qui avait entrainé la création des jeux. (Cf., pour rappel, la critique du deuxième film.)

Cette résistance vit sous terre et s’organise autour de la figure d’Alma Coin, surnommée la Présidente, et de Plutarche Heavensbee, chargé de la propagande. Alma dirige les opérations, maintient l’ordre dans la résistance et sert de leader. Plutarch est chargé de tout ce qui touche à la communication de la résistance vers les districts non soulevés. Il souhaite utiliser la popularité de Katniss pour propager l’insurrection. Dans les premiers jours de son acclimatation au sein de la résistance, Katniss n’a pourtant qu’une obsession en tête : retrouver Peter, qui lui n’a pas pu être exfiltré par les résistants. Des images de lui mises en scène par le Capitole, dans lesquelles il demande aux résistants d’abandonner le combat, amène Katniss à accepter d’être l’icône de la rébellion, à la condition qu’Alma promette la libération de Peter et son amnistie complète. Le marché est conclu et les premiers soulèvements dans les autres districts apparaissent…

Sur le papier le film peut faire rêver : le soulèvement des districts contre le Capitole est double : militaire et idéologique. Alors que les soulèvements se multiplient dans les districts et que la résistance accroit ses opérations de sabotage sur le Capitole, une guerre des images se met en place entre d’un côté Katniss, figure de l’opposition, et Peter, emblème de la raison. Un combat à distance, fait d’images montées, de propos sentimentalistes et de quelques rares instantanés se met en place, posant de nombreuses questions sur la place de la propagande, y compris dans son utilisation par des groupes de résistants. Des questions qui, bien évidemment, ne sont pas traitées, le film s’adressant à des adolescents et se focalisant rapidement sur les retrouvailles entre Peter et Katniss. Le propos est donc bien fade, manichéen (même si on soupçonne un début d’autocratie dans la figure d’Alma) et, encore une fois, inconsistant.

Dommage, car il y a des choses intéressantes, notamment sur la manière de fédérer une résistance. Ici sont utilisés à cette fin, l’image de l’oiseau-moqueur, le geste de la main (le bras tendu, trois doigts joints, le pouce et l’auriculaire repliés), et la chanson de Katniss, « L’Arbre du pendu ». Dans le film, le geste sert à remercier, à exprimer l’admiration, à dire au revoir à quelqu’un qu’on aime. Il est utilisé la première fois par un homme de couleur qui embrasse ses trois doigts avant de les lever vers le ciel et qui est ensuite abattu par les forces de l’ordre du Capitole. Il devient dès lors un signe de rébellion (repris récemment lors de la « Révolution des parapluies » à Hong Kong, le geste étant utilisé par les manifestants pour demander la fin de la loi martiale et des élections libres). Quant à la chanson de Katniss, elle est reprise par les insurgés lors de leurs attaques sur les bâtiments appartenant au Capitole, une chanson visiblement utilisée pour fédérer et se donner du courage:

Are you, are you
Coming to the tree?
They strung up a man
They say who murdered three.
Strange things did happen here
No stranger would it be
If we met at midnight
In the hanging tree.

Are you, are you
Coming to the tree?
Where dead man called out
For his love to flee.
Strange things did happen here
No stranger would it be
If we met at midnight
In the hanging tree.

Are you, are you
Coming to the tree?
Where I told you to run,
So we’d both be free.
Strange things did happen here
No stranger would it be
If we met at midnight
In the hanging tree.

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