Panthère de Brecht Evens

Christine, une petite fille d’environ 6 ans, vit seule avec son père. Elle semble proche de son chat Patchouli et s’inquiète dans les premières pages du récit de le voir dépérir. Son père décide un jour d’amener le chat chez le vétérinaire. On comprend que Christine passe sa journée d’école à s’inquiéter pour son chat. A raison car quand elle rentre le soir à la maison, son père cherche à lui parler de la souffrance de Patchouli, et Christine comprend immédiatement que ce dernier ne reviendra pas.

Le soir, alors qu’elle s’endort seule dans sa chambre, une fumée étrange sort de l’un des tiroirs de sa commode et apparait alors devant elle Panthère. De son vrai nom Octave Abracadolphus Pantherius, Panthère est un prince du royaume de Panthèsia.

D’abord prévenant vis-à-vis de Christine, qui doit vivre le deuil de son chat, Panthère devient peu à peu manipulateur, ambigu dans sa relation avec la jeune fille ou avec ses autres jouets.

Un ouvrage déroutant, tant par son graphisme que par sa narration. Comme le montre assez bien la couverture de cette bande dessinée, le dessin est foisonnant et tente de rendre compte (avec succès) de ce que peut être l’imaginaire d’une enfant en bas âge : couleurs multiples et presque criardes, perceptives parfois inexistantes, formes approximatives et fluctuantes.

Et déjà l’ambivalence de la panthère se fait sentir dans le dessin, car si l’imagination de la jeune fille est débordante quand elle dort, en présence de la panthère, son imaginaire semble être capté par l’animal. En lieu et place des planches pleines pages dans lesquelles se déployaient une multitudes de dessin, le lecteur est confronté à des planches découpées en six dessins, sur fond blanc et seule la panthère attire l’œil et concentre les effets visuels. Son pelage est très coloré (on retrouve les couleurs des rêves de Christine), son apparence se modifie à chaque case, et la petite fille en retrait et presque passive suit les transformations de Panthère.

Petit à petit la relation entre Panthère et Christine devient pesante, et le huis clos de sa chambre, loin de créer une atmosphère protectrice comme au début de la bande dessinée, finit par devenir malsain. Plusieurs éléments dans la narration viennent également assombrir (presque durcir) le propos : la présence du chat mort dans le congélateur, le flou entourant la disparition (réelle ou imaginaire) de la mère, l’isolement de Christine, y compris en présence de son père.

Un ouvrage magnifique, complexe, qu’il faudra que je relise pour m’attarder plus encore sur les transformations de la Panthère et sur sa relation avec Christine. Car, de prime abord, le travail de Brecht Evens déroute et on a vraiment l’impression de ne pas tout saisir, de ne pas relever toutes les subtilités de son travail. Rarement une bande dessinée m’avait autant échappée à la lecture. Impression parfois désagréable, mais preuve d’une grande complexité dans le travail de l’auteur.

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