Beauregard 2015 (jour 3)

Les boggans n’ayant pas choisi d’aller au deuxième jour et donc de rater Sting, compte-rendu de la troisième journée du festival, résolument sous le signe du blues, alors que le roi et la reine de la forêt sont venus faire grâce de leur présence :

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Premier concert : Mountain Men. Un duo, guitare et harmonica. Deux types sur scène. En puisant dans les sources folk, blues du rock, ils insufflent une énergie communicative au public, le tout avec humour. Leur reprise de « Georgia » fut remarquable. Un concert qui fut un beau moment.

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Puis ce fut My Summer Bee. De l’électro-pop gentillette qui ne parvient pas à convaincre, la faute notamment aux deux chanteurs, dont la voix, trop faible, ne décolle jamais. On aimerait y croire, notamment grâce aux arrangements bondissants, mais on reste un peu dubitatifs.
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On passera sur le groupe qui a remplacé George Ezra, Elecampane, qui a proposé un rock très inspiré des Pixies qui a eu pour effet de donner soif (faisant regretter l’absence du plus hipster des chanteurs rock-folk) pour évoquer directement Django Django. Ce quatuor d’Ecossais et d’Irlandais installé à Londres, parrainé à Beauregard par Etienne Daho, offre quelques arrangements qui attirent l’attention, mais l’ensemble reste assez banal et ne convainc pas. L’electro-pop se répète, et tourne quelque peu en rond.


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Affranchissant l’ordre chronologique des concerts, la découverte majeure de ce festival fut, pour les boggans, Benjamin Clementine. Présenté comme à la croisée improbable d’influences aussi disparates qu’Eric Satie, Jacques Brel et Kate Bush, Benjamin Clementine est un musicien aussi talentueux qu’exigeant et difficile d’accès, surtout en festival. Il n’a rien fait pour faciliter la tâche d’un public quelque peu déconcerté (et même parfois franchement irrespectueux), le rudoyant même parfois en lui demandant de ne pas applaudir. Et pourtant, malgré tout cela, ce pianiste-chanteur a relevé un défi impossible : nous pointer le chemin et la porte qui mène à son univers si particulier. Et depuis une seule envie : trouver la clé.

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La soirée se termina par Timber Timbre. Groupe canadien décrit comme étant une sorte d’émanation issue directement de la série Twin Peaks (les accords d’une guitare presque paresseuse ainsi qu’un synthé aux accents d’orgue évoquent effectivement Badalamenti) et recommandé par le chanteur de Get Well Soon, Timber Timbre envoûte peu à peu, distillant une musique qui enveloppe dans des chansons montant crescendo et finissant tout en puissance. Et, en les écoutant, époustouflés, alors que le public décampe pour aller voir Lenny Kravitz, on  se souvient à quel point le rock est issu du blues.

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Le festival se termina avec Lenny Kravitz. Orchestration ample (y compris un saxo, ça marche toujours le saxo), reprenant ses tubes, le public était acquis. Pourtant, après la révélation du jour (Benjamin Clementine) et surtout le « pur moment de bonheur » (voir ci-dessous), les boggans ne furent guère attirés.

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Et du coup, s’en allant, nous avons pu rester les oreilles et les souvenirs encore imprégnés du meilleur concert de ce festival Beauregard 2015 : Asaf Avidan.

Mais quelle voix ! Quelle voix ! Pour ma part, c’était lui qui m’avait convaincu de revenir à Beauregard, ayant beaucoup aimé son dernier — et le seul que je croyais connaître — album. Je me disais qu’il y avait là un artiste original.

Et sur cette scène, non seulement Asaf Avidan marque aussitôt par sa voix, sorte de fils prodigue de James Brown et Ella Fitzgerald, faisant (re)prendre conscience qu’il y a avait les autres qu’on avait entendus jusqu’alors et il y a lui, mais aussi par sa présence incroyable : un chanteur félin, gracile, puissant et fragile, d’une intensité incroyable et d’une intelligence rare dans son rapport au public.

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Lorsqu’il aborde sa chanson la plus connue, Asaf Avidan la réarrange de manière à ce qu’elle nous soit familière et étrangère, nous désarçonnant et nous entraînant avec lui pour la chanter. Puis, il s’en va communier avec le public et, dans un final extra-ordinaire, il arrive à faire sauter tout le parterre devant la scène « en défiance de la force de gravité ».

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Un moment formidable, de bout en bout.

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(Note amusante : depuis nous avons acheté ses deux premiers albums, et en fait nous étions déjà fans, car c’est lui qui signe la très belle chanson entendue dans le film The Tree.)

Et voilà. Beauregard 2015, c’est fini. On reviendra (sans doute) l’année prochaine !

 

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