The Disappearance of Eleanor Rigby: Them de Ned Benson

Je ne comprenais pas le « Them » à la fin du titre. En allant sur IMDB pour connaitre le nom du réalisateur afin de commencer cet article, je viens de découvrir que ce film est en fait le dernier d’une trilogie, le premier portait le même titre mais se terminait pas « Her » (et adoptait le point de vue de la femme), le deuxième se terminait pas « His » (et vous l’aurez compris adoptait le point de vue du mari). Me voilà donc bien embêtée de faire le compte rendu d’un film faisant partie d’un ensemble plus vaste et dont je n’ai vu que le tiers. Il va donc falloir que je regarde les deux autres pour me faire une idée complète. Mais qu’importe, à près tout, je peux au moins décrire ce qui a été pour moi « Them », que j’ai donc vu en croyant qu’il s’agissait d’un film unique.

La première scène du film s’attarde sur un couple, Conor (James McAvoy) et Eleonor (Jessica Chastain), dînant dans un restaurant de New York. Au moment de payer, Conor admet tout en blaguant qu’il n’a rien pour payer le repas. Eleonor lui propose alors d’attendre à la table pendant qu’elle sort dans la rue, puis après quelques instants de sortir lui-même pour la rejoindre. Le plan foire lamentable quand Conor se fait aborder près de la sortie du restaurant par un serveur. Il part en courant, enjoint Elenor de faire de même et les deux s’enfuient rigolard dans un parc non loin. Ils semblent heureux, amoureux et insouciants.

Scènes suivantes : Eleonor chemine à vélo puis à pied sur un pont de New York. Soudainement, elle enjambe la balustrade et saute dans le vide. Elle est récupérée à temps par des sauveteurs (détail surprenant, elle ne semble pas porter le même t-shirt que dans la scène précédente où elle se promenait sur le pont). Eleonor est hospitalisée, Conor vient la voir, mais la scène s’interrompt sans que l’un ou l’autre n’ait parlé. Eléonor sort de l’hôpital, accompagnée par sa sœur, elle s’installe chez ses parents (sa mère est jouée par Isabelle Huppert) et entame une nouvelle vie sans Conor.

A ce moment-là du film, j’en ai déduit que sa narration ne serait pas linéaire, et qu’au fil des scènes je devrais recomposer le puzzle. Eleonor et Conor heureux, puis parents jusqu’à la mort de leur enfant et leur séparation irrémédiable (et la dépression d’Eleonor). Renseignement pris sur IMDB, les autres éléments du puzzle doivent être contenus dans les deux autres films Her et Him.

Pour l’instant, je trouve cette histoire convenue. Les personnages, surtout Eleonor et sa famille, me sont relativement antipathiques, car ils sont la caricature de la bourgeoisie intellectuelle de New York (papa est universitaire, maman est une musicienne classique d’origine française). Du coup, le mal-être de cette mère, qui n’en est pas moins une fille à papa, me laisse de marbre (ses parents lui paieront un séjour d’un an à Paris pour qu’elle finisse sa thèse sur les milieux artistiques parisiens, interrompue par sa grossesse).

Sur le même sujet (la perte d’un enfant et les répercussions sur un couple), Alabama  Monroe était nettement meilleur. D’une part parce qu’il ne faisait pas l’économie de nous montrer la perte de l’enfant (ce qui est le cas dans ce film-ci où l’on voit Conor et Eleonor avant et après l’enfant), d’autre part parce qu’il montrait pas à pas l’éloignement de deux êtres dissemblables dans leur réaction au deuil, enfin parce la dépression de la mère n’était pas une vanité de plus dans le quotidien d’une gosse de riche (je trouve que Jessica Chastain joue mal cette femme suicidaire, elle en fait presque un attrait romantique, individualiste et assez hype), mais un profond malaise que seule la réussite du passage à l’acte venait combler.

Il serait temps que les réalisateurs ou les scénaristes américains grandissent un peu et nous épargnent leur sempiternelle « Happy ending ». Dans la vie, la vraie, tout ne se résout pas à coup de scènes larmoyantes.

— LN

Scène finale : va-t-elle le rejoindre?

J’ai à présent pu voir les deux autres films Her et His. Pas de quoi justifier un nouveau compte rendu puisque les trois films sont à peu près similaires, le soi-disant point de vue d’Eleonor et de Conor dans leurs films respectifs se limite à l’ajout de quelques scènes supplémentaires, qui n’en disent pas plus sur les personnages. A l’exception de deux scènes, qui diffèrent entre les deux protagonistes, aucune différence notable n’est à signaler entre les trois films, on a en gros l’impression de voir le même film, avec des bonus.

Les deux scènes dissemblables sont sans grand enjeu malheureusement. Dans l’une les mêmes répliques sont dites sur un ton légèrement différent, mais encore une fois cela ne change pas le ton et la thèse du film. La deuxième, qui se trouve être la dernière du film, diffère dans la vision d’Eleonor (pas dans celle de Conor ni dans leur film commun). Que doit-on en penser ? Pas grand-chose, l’ensemble de cette histoire est suffisamment ennuyeuse pour qu’on se moque de savoir s’ils vont revivre ensemble ou pas.

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