Ripper Street (saison 2) de Richard Warlow

Que dire de cette nouvelle saison de Ripper Street ? La première saison nous avait peu emballés, cette deuxième saison n’est guère mieux, pire elle verse de plus en plus dans la violence gratuite et l’incohérence scénaristique. Nous retrouvons donc Edmund Reid à la tête de sa division H, au sein du tristement (?) célèbre quartier de Whitechapel. Reid a la lourde charge de maintenir l’ordre dans ce quartier pauvre et malfamé de Londres. Parmi ses alliés, il peut compter sur le sergent Drake, le ratonneur de service, et sur Jackson, américain fraîchement débarqué à Londres et médecin légiste avant l’heure. Parmi ses opposants, Reid doit faire face à la hargne de Shine, un inspecteur d’un autre quartier de Londres, fortement impliqué dans des trafics en tout genre et bien décidé à ne pas laisser Reid le coffrer. Ajoutez à cette construction on ne pleut plus classique, quelques femmes : celle de Jackson qui tente de mener une vie honnête depuis son bordel londonien, celle de Drake, ancienne prostituée convertie en femme au foyer, et la nouvelle conquête de Reid, la conseillère Jane Cobden. Parsemez le tout de complots (Flight et Duggan), d’enquêtes emblématiques (les juifs, les Chinois, les Irlandais, les homosexuels et j’en passe) et vous avez une série ennuyeuse et à certains moments de très mauvais goût. 

La série qui tente tout et qui rate à peu près tout. On comprend assez rapidement que les scénaristes sont fascinés par cette fin de dix-neuvième siècle à Londres, mais que leur fascination ne dépasse pas l’intelligence d’un fantasme : en gros ils veulent convoquer tous les clichés de l’époque pour n’en faire qu’un boulgi-boulga visuel. Le comble du mauvais goût est atteint avec l’apparition (et l’utilisation très approximative) de Joseph Merrick, alias Elephant Man, qui intervient dans les deux premiers épisodes, une apparition aussi inutile que pénible.

Ensuite, les scénaristes ont quand même un soupçon d’arrogance et se disent que parler d’une époque peut servir pour en convoquer une autre. En d’autres termes, en décrivant le Londres de cette fin de siècle, ils souhaitent ne parler que du Londres actuel. Et là encore c’est doublement raté. Doublement, parce que leur vision du dix-neuvième siècle est trop moderne, ils n’ont pas réussi (mais peut-être aussi n’ont pas cherché) à s’imprégner de cette époque et n’en donne qu’une image complètement faussée, ce qui fausse du coup leur parallèle avec notre époque. Les juifs, les homosexuels, les remarques sur la violence, tout parait complètement bidon pour l’époque ce qui a pour conséquence de ne pas nous éclairer sur maintenant.

Alors que reste-t-il ? Des propos maladroits, de la violence, des enquêtes stériles et un Matthew Macfadyen qu’on voudrait voir ailleurs que dans cette galère.

L’Irlandaise de service et le petit nouveau

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