L’Élégance du hérisson de Muriel Barbery

Un roman qui avait beaucoup fait parler de lui à sa sortie en 2006 et que j’avais refusé de lire devant un tel emballement public. A l’occasion de la sortie de son troisième roman, qui visiblement n’a plus les faveurs de la critique, j’ai rattrapé mon retard en me coltinant les deux. L’objectif était pour moi de découvrir cette auteur que beaucoup acclament.

Voici donc la fameuse histoire de cette concierge facétieuse, qui, pour ne pas perturber la vie sans histoires de ses hôtes bourgeois, décide de maintenir les stéréotypes de sa fonction, à grand renfort de soupes rances, d’odeur d’oignon, de vocabulaire limité et de manière rugueuse. Elle qui n’aime que la cuisine fine, la littérature russe et l’art nippon.

Parallèlement au récit quotidien de cette concierge qui défie les clichés de sa classe, s’intercalent des extraits du journal intime d’une jeune résidente, journal découpé en deux segments : « Journal du mouvement du monde » et « Pensée profonde ». Cette dernière envisage dans quelques mois de mettre fin à ses jours, non sans avoir auparavant cramé l’appartement familial. 

Un livre plaisant à lire, mais vite oublié et qui, à bien y réfléchir, me pose deux problèmes. Je trouve qu’à travers son personnage, l’auteur fait preuve d’un certain snobisme. Certes elle a crée un personnage particulièrement sympathique qui se moque des stéréotypes de sa classe mais elle ne parvient pas à empêcher son personnage de glisser vers ce qu’il dénonce car derrière cette image de prétendue distance à l’égard des classes bourgeoises se cache un désir d’appartenir à ce monde. Cette concierge fait preuve d’une véritable prétention intellectuelle au prétexte qu’elle aime la littérature russe et les sushis, comportement digne du plus parfait bourgeois que de se croire « plus conscient » ou « plus intelligent » que l’autre.

Quant au dialogue entre l’adolescente et la concierge, je le trouve factice, un prétexte à une écriture à deux voix, une manière un peu facile de contrebalancer les points de vue, alors que les deux personnages sont au final le même.

La fin du roman, la disparition de la concierge, est à la fois une pirouette un peu facile pour éviter à l’auteur d’endurer la suite (elle devient comme eux) et une preuve que le personnage est bien mort, l’auteur l’ayant déjà tuée en imaginant cette histoire d’amitié / amour avec le richissime chinois.

Ce qui me pose enfin problème est le succès phénoménal de ce livre. Je peux comprendre le succès public, le livre est facile d’approche, je m’explique moins l’engouement critique.

Et je passe sur les tics d’écriture de l’auteur qui sont passablement agaçant (notamment celui de s’adresser directement au lecteur).

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