The Man from U.N.C.L.E de Guy Ritchie

1963. Berlin. Napoleon Solo (Henry Cavill), dont le nom est déjà tout un programme, agent de la CIA et ancien voleur, pénètre dans Berlin-Est pour aller y exfiltrer Gaby Teller (Alicia Vikander), la fille mignonne et mécano du scientifique nazi Udo Teller. Il est repéré dès son entrée par Illya Kuriakin (Armie Hammer), un agent du KGB, qui le piste et tente de l’en empêcher. La course-poursuite épique qui s’ensuit se termine par l’échappée belle de Solo et Gaby, au nez et à la barbe de Kuriakin. Cependant, dès le lendemain, à l’instigation de leurs chefs respectifs, les deux agents se revoient, car la CIA et le KGB ont décidé de coopérer pour contrer une menace commune : celle d’une organisation d’anciens nazis qui utiliserait les compétences scientifiques de Teller pour mettre au point une bombe atomique. Les deux agents doivent donc coopérer et, avec l’aide de Gaby, mettre fin à ce péril. Ce trio improbable se rend donc à Rome, où l’organisation serait basée.

La classe et le cynisme dandy occidentaux, l’efficacité et la dévotion soviétiques ainsi que le charme et la manipulation allemandes seront les maîtres-mots de cette coopération impossible, les bons mots et petites entourloupes en prime. Le tout, dans la Ville éternelle.

Des joli(e)s espion(ne)s, du style, des répliques et des tirs qui font mouche, du cabotinage, le tout sur fond de guerre froide, de charme italien et avec des anciens nazis comme ennemis. Que demande le peuple ?

Le film est rythmé, parfois très drôle (l’ersatz de Mengele pris à son propre piège), avec un humour qui n’hésite pas à être grinçant puis à virer dans le loufoque et le burlesque, avec une bande-son so sixties, bien sûr. Cela faisait longtemps qu’on ne s’était pas autant régalés. Voilà du pur divertissement qui ravit de bout en bout (autant que, dans un autre registre, Philibert). On est ici quelque part entre James Bond (d’ailleurs Ian Fleming est également à l’origine de la série originale de 1964) et OSS 117, le côté prétentieux des derniers films du premier et la bouffonnerie totale du second en moins. Et les vespas en plus !

Ce qui est jubilatoire dans ce genre de films c’est que tout y est assumé et donc le second degré, l’humour potache mais classe font qu’on ne tombe pas dans le ridicule (contrairement au dernier James Bond). Le scénario, sans être renversant, tient la route et, même s’il n’est pas exempt de quelques temps morts, plus important, il permet surtout au réalisateur de déployer des situations dans lesquelles le style prime et entraîne un vrai plaisir cinématographique.

A ce propos, plusieurs scènes méritent d’être signalées. La danse en petite culotte/ pyjama d’Alicia Vikander alors qu’Armie Hammer jouent aux échecs est évidemment de celles-là mais, bien plus réjouissante encore, la mention spéciale va à l’extraordinaire scène qui suit la course-poursuite de bateaux dans le port. Le chianti, le pique-nique dans la cabine du camion, et « Che vuole questa musica stasera » de Peppino Gagliardi, et les mitrailleuses et les bateaux qui passent et repassent, le tout filmé avec une ironie sublime. Un vrai moment de pur plaisir de cinéma !

En d’autres termes, The Man from U.N.C.L.E est un vraiment bon moment comme le cinéma peut encore en offrir grâce à des thèmes purement divertissants. On est là dans ce qui réjouit dans le film d’actions et d’espionnage sans pourtant aller dans la surenchère de violence outrancière d’un Kingsman. Alors, pour la route, fredonnons ensemble, et profitons de l’élégance, parce que poursuivre du nazi, oui, mais sans se départir de sa veste en daim et sa casquette faussement prolo, ou de son gilet sur mesure :

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