The Martian de Ridley Scott

Jetant un œil rapide sur la filmographie de Ridley Scott, force est de constater que depuis quelques années ses films perdent en qualité et deviennent de vrai désastres cinématographiques. The Counselor parvenait à condenser dans un même film un scénario de McCarthy plutôt moyen avec une réalisation assez médiocre, ce qui donnait au final une oeuvre tape-à-l’œil et très peu intéressante. Exodus, pourtant promis aux bonnes grâces du film du vendredi soir, n’arrivait même pas à atteindre son objectif tellement il était mal fichu, mal filmé et aussi intéressant qu’un épisode de Grimm. Et je ne parle même pas de Prometheus qui aurait mérité une condamnation pour haute trahison. Douchés à de nombreuses reprises par les promesses non tenues de ce réalisateur, nous avons donc abordés The Martian de la manière la plus neutre : on espère rien, on attend rien. Et pour le coup on a été plutôt agréablement surpris.

Le scénario de ce film ne casserait pas trois pattes à un canard : lors d’une mission sur Mars, une équipe de scientifiques est contraint de quitter le sol martien car une tempête menace. Mais alors que l’ensemble de l’équipage s’apprête à remonter à bord du véhicule spatial, l’un d’eux est impacté par un débris, emporté par une rafale de vent et disparaît dans les bourrasques martiennes. Ne pouvant attendre de le retrouver, l’engin quitte la planète laissant derrière lui l’un des leurs qu’ils pensent mort. Sauf qu’il est vivant. Mark Watney (Matt Damon) se retrouve donc seul sur Mars, contraint de survivre avec le peu de ressource laissées sur place, condamner à trouver un moyen d’entrer en communication avec la Terre, dans l’espoir que quelqu’un viendra le rechercher. Un scénario classique pour l’acteur Matt Damon qui a déjà fait l’objet d’une mission de sauvetage. D’autres temps, d’autres mœurs.

La version sérieuse du survival spatial ayant été magistralement mise en scène par Alfonso Cuaron dans Gravity, la version psychologique de l’épopée stellaire également dans Interstellar de Christophe Nolan, il ne restait plus qu’à Ridley Scott de faire une version réaliste disco. Matt Damon joue son scientifique premier de la classe, qui va réussir moyennant quelques difficultés à contacter la Terre et à faire pousser des pommes de terre sur le sol martien (il était le botaniste de l’expédition, ce qui facilite la chose), en ajoutant une bonne dose de frime et d’humour.

On suit donc les progrès de Mark sur Mars avec intérêt et sans avoir la moindre inquiétude sur sa survie (contrairement à Gravity qui maintenait le spectateur dans un état de stress permanent). Le film est cousu de fil blanc, on anticipe la réussite de la culture de pommes de terre et le fait qu’à un moment ou à un autre elles seront détruites. Tout comme on n’envisage pas une seconde que l’équipage parti de Mars sans Mark ne fasse pas demi-tour pour aller le chercher (même si leur décision n’est pas très plausible).

Le film fait très bon enfant, l’assemblage entre des séquences plutôt drôles, un réel souci de coller à la réalité d’une survie sur une planète invivable (même si quelques fois, on y croit pas trop) et les quelques scènes d’action fonctionne bien. On voit bien à un moment que le temps s’accélère, quand la décision d’aller rechercher Mark est prise par l’équipage, ça donne un très léger effet discordant dans le film, alors que jusqu’à présent le rythme était plutôt constant. Un léger défaut qui passe, le film restant agréable à regarder. Un bon divertissement, comme il est rare d’en voir actuellement au cinéma.

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