Sicario de Denis Villeneuve

Réalisateur que nous suivons depuis son deuxième film, Prisoners, que nous avions beaucoup aimé, et qui nous avait déçus avec le suivant, Enemy, Denis Villeneuve nous avait intrigués à l’annonce de Sicario. Les Boggans attendaient donc avec inquiétude ce nouveau film, d’une part parce que ses réalisations ont perdu en qualité et d’autre part parce que sur le thème de la lutte contre les cartels de drogue à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, le film de Steven Soderbergh, Trafic, paraissait indépassable.

Le point de vue adopté par le film est celui de Kate Macer, chef d’une équipe du SWAT, qui officie non loin de la frontière avec le Mexique, côté américain néanmoins, et qui est spécialisée dans la recherche des disparus. Après une opération dantesque dans une maison isolée dans laquelle son équipe retrouve pas moins de 40 cadavres, Kate est invitée à se joindre à une opération du département de la lutte contre les drogues, dans le but d’aller faire des opérations directement sur le sol mexicain, l’objectif étant de mettre le main sur le responsable du trafic à la frontière, qui se trouve être également celui qui est derrière bon nombre de disparitions sur le sol américain.

Choquée par la découverte des cadavres sur son périmètre d’opération, Kate accepte de se joindre à l’équipe tout en doutant des raisons profondes de sa formation. Elle comprend d’ailleurs très vite que leur mission est différente quand, au lieu de se rendre à El Paso pour une opération de routine, l’équipe traverse la frontière pour exfiltrer un prisonnier du Mexique…

Le film n’a aucun intérêt, à moins d’aimer les effets « gros bras », les gros flingues et les flics un peu bad boys. Du début jusqu’à la fin, aucune réflexion n’est menée sur le trafic de drogue, comment il s’organise et comment les forces de l’ordre n’arrivent pas (ou ne veulent pas) y mettre un terme. Trafic reste LE film sur le commerce des drogues à la frontière américano-mexicaine. Le film de Villeneuve n’est qu’un divertissement musclé qui prend l’espace de la frontière et le commerce des drogues comme prétexte pour montrer des scènes de fusillade, des scènes de torture et des scènes de traque dans des tunnels.

Alors oui, il filme bien, il faut le reconnaître. La scène entre les deux postes frontaliers au début du film est impressionnante, tout comme celle qui suit les véhicules américains sur le sol mexicain pour l’exfiltration. Mais au-delà de l’effet tape-à-l’oeil de ces scènes, il n’y a rien. La résolution finale est d’ailleurs assez pathétique : on nous rejoue le coup de la CIA qui préfère positionner un dealer à eux pour diriger le cartel pour éviter le chaos. Rien de bien nouveau dans cette mise en lumière. Et comme l’apport réflexif du film se limite à cette idée très banale, on ne peut que déplorer le manque d’intérêt d’un tel film. Alors qu’il y a tant à dire sur les collusions entre les gangs, les milieux d’affaires et bien évidement les politiques.

Mais Denis Villeneuve voulait un film qui en jette… Amateur de gros flingues, de gros voitures et de flics virils, ce film est pour toi. Tu pourras même mater de la nana pas mal foutue.

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