Star Wars (episode VII): The Force Awakens de J. J. Abrams

Le fameux et tant attendu épisode VII. Nous voici donc trente ans plus tard, certes l’Empire a été détruit par la Résistance, mais une force nouvelle s’est mise en place pour en finir avec la République : le Premier Ordre. Luke a disparu, le Premier Ordre est à sa recherche de même que la Résistance. Voilà pour le contexte. Maintenant le film : Poe Dameon (Oscar Isaac), un pilote de la Résistance, a réussi à mettre la main sur une carte conduisant à la retraite de Luc mais il est bientôt encerclé par l’Ordre. Il réussit, avant d’être capturé, à confier la carte à son droïde, BB-8. Poe, aidé d’un Stormtrooper renégat, Finn (John Boyega), parvient à s’échapper de la base où le Premier Ordre le maintenait prisonnier, mais son vaisseau spatial s’écrase sur la planète Jakku où il pense récupérer son droïde. Finn survit au crash mais ne parvient pas à retrouver Poe…

Heureusement pour nous, pauvres spectateurs, Poe est bien en vie mais il faudra attendre pas moins d’une heure pour le revoir bien vivant et bien décidé à en découdre avec l’Etoile noire, nouvelle version.

Entre-temps, BB-8 a été récupéré par Rey (Daisy Ridley), une pilleuse d’épaves, qui a croisé la route de Finn, puis celle de Han Solo et Chowie (qui doivent régler au passage quelques problèmes d’intendance). Ensemble, ils vont chez Maz, une tortue (oui, oui), pour connaitre le lieu où s’est retranché la Rébellion. Attaqué par le Premier Ordre, le groupe est dispersé, Rey est capturée par Kylo Ren (Adam Driver), tandis que le reste du groupe sauvé par l’intervention de la Résistance (et de Poe) récupère le droïde et la carte qui mène à Luke.

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas fan des Star Wars. Trop jeune pour voir les épisodes 4, 5 et 6 au cinéma, je les ai péniblement vus à la télé (ils passaient souvent sur M6) sans m’y intéresser plus que ça. Quant aux trois premiers épisodes, je les ai vus au cinéma, mais plus par camaraderie que par franc intérêt pour ces films généralement peu ambitieux, vaguement mis en scène et portés par des acteurs consensuels. Pour moi, Star Wars est la quintessence du cinéma à fric, des films lambda uniquement fait pour vendre des figurines ou des jeux.

L’épisode VII n’a pas dérogé à la règle. Lancé depuis plus d’un an avec une armada de produits dérivés, la branche marketing de Disney a même réussi l’exploit de nous faire croire qu’il fallait être le premier dans la salle lors de sa sortie, quitte à réserver des places (pour quelle obscure raison on se demande) à des prix exorbitants. Personnellement, nous avons attendu patiemment une version en VO et en 2D dans notre cinéma préféré pour voir le film. Un seul intérêt pour moi : Oscar Isaac.

Globalement, on reprend les mêmes et on recommence : Kylo Ren tente vainement de prendre la place de Darth Vador, Rey et Finn reprennent en inversé les rôles de Han et de Lea, l’empereur est remplacé par le suprême leader et le général Hux n’a toujours pas compris que la Rébellion allait mettre un point d’honneur à faire péter son Etoile noire. Han, Lea, Luke et Chewbacca sont de retour également, avec quelques rides, mais Chewbacca les portent bien. Les droïdes ne sont pas en reste : C-3PO est bien là, tout comme R2D2 accompagné du petit nouveau, BB-8, sorte de condensé audacieux entre un robot et un chien de compagnie (les figurines du droïde se vendent pas milliers, on n’en doute pas).

Naturellement, j’ai bien aimé les quinze premières minutes (et notamment la meilleure réplique du film : « You talk first? I talk first? »)  et la fin, même si à mon goût on ne voit pas assez mon pilote préféré.  Pour le reste, rien à dire, c’est un copié/collé du précédent. On nous rejoue la scène avec la passerelle (j’ai d’ailleurs spoilé le film sans le savoir, faisant croire à mon boggan préféré que Han Solo aillait mourir dans le film sans savoir que c’était bien le cas, comme quoi le scénario est hyper original), on nous refait le coup des conflits parents/enfants, le coup du gamin capricieux (Adam Driver ayant réussi l’exploit de faire passer Hayden Christensen pour un acteur crédible), le coup de l’étoile noire et du pilote prodigue qui va en deux coups de laser la détruire complètement. Même si le pilote en question n’est pas dénué de charme…

— LN

Quelques remarques en complément, parce que, bon, hein, à part Oscar Isaac, il y a d’autres choses dans ce film.

Pour ma part, j’apprécie davantage la saga Star Wars. Je ne les ai pas vus non plus au cinéma (je parle des seuls véritables, les premiers… dans l’ordre chronologique… rien que ça, ça m’énerve !), mais chez mes grands-parents, sur des cassettes vidéo (oui, oui, je suis vieux), et cet univers a en partie donné forme à mon imaginaire, et lorsque, ensuite, j’ai retrouvé le schéma narratif du « périple du héros » identifié par Joseph Campbell, j’ai toujours apprécié. Il y a du mythique dans Star Wars, et du symbolisme directement puisé à la source de l’inconscient collectif jungien également.

Mais il y a aussi, effectivement, du merchandising et une volonté de faire du pognon à outrance.

Ici, on est un peu entre les deux. Le film se regarde sans déplaisir, mais plusieurs éléments font tiquer, voire irritent, voire énervent : le fait qu’un vaisseau décolle d’une baie de décollage et parte dans le vide spatial sans que les personnes sur cette baie ne soient gênés le moins du monde ; le fait que lorsque Rey et Finn quittent Jakku, ils tombent forcément, dans une galaxie qui comptent des milliers de systèmes solaires, sur, ta-da !, Han Solo et Chewbacca ; le fait que le p’tit gommeux de sith soit assez puissant pour stopper un tir de blaster mais se retrouve à égalité avec une fille qui s’éveille à peine (ou alors elle est vraiment un jedi prodige) ; le fait que les éléments scénaristiques soient extrêmement similaires à l’épisode IV et à l’épisode VI ; le fait que la quête pour trouver Luke n’est en fait pas une quête mais se résolve en une scène à la fin (alors que c’est juste supposé être le premier temple jedi !).

Il n’empêche, le film compte aussi sa part de scènes épiques, et le personnage de Rey, même s’il est agaçant, car elle sait tout faire, est un personnage féminin vraiment intéressant (par contre, il va falloir qu’elle mange la petite, hein, sinon elle ne pourra jamais tenir le choc en combat, Force ou pas Force).

Je reste donc curieux pour la suite, notamment en termes de contexte : pourquoi cette redondance entre la République — maintenant entièrement détruite, avec Coruscant ? —  et la Rébellion ? Qu’est-ce que le Premier Ordre exactement ? De fait, j’ai très peur du symptôme Lost : on sèmes des idées, mais on n’en fait rien, parce qu’au final, on ne sait pas vraiment raconter une histoire qui tienne la route. C’est pourquoi, là encore, Star Wars aurait pu être tellement supérieur, un véritable mythe contemporain.

Peut-être que Disney osera le faire, en mêlant au périple de l’héroïne une histoire d’amour triangulaire et en partie gay !

— Mathieu

 

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