Irrational Man de Woody Allen

Woody Allen réalise un film par an, a décidé il y a quelques années (fort du succès de ses films sur le vieux continent) de poser sa caméra en Europe : après trois films réalisés à Londres (Match Point, Scoop, Le rêve de Cassandre), puis un film en Espagne (Vicky, Cristina, Barcelona), un à Paris (Midnight in Paris), et un dernier à Rome (To Rome with Love), Woddy Allen semble revenir à ses premiers amours : New York, le milieu universitaire et les histoires d’amour version midinette. Quand on fait de la quantité, généralement la qualité est moindre et c’est bien tout le problème de ce réalisateur. Le dernier film que j’ai aimé de lui était Midnight in Paris, depuis j’en ai raté quelques uns mais le peu que j’ai vu m’a toujours laissé cette impression de déjà-vu. Pire on a l’impression que depuis de nombreuses années, il radote grave le pépère. Au moins il a arrêté de jouer dans ses films, c’est toujours cela de pris.

Irrational Man peut se résumer en une phrase : un professeur de philosophie, Abe (Joaquin Phoenix), qui jusque là n’arrivait pas à s’engager autrement que par ses vaines prises de paroles (ses engagements humanitaires lui ayant laissé l’impression de se battre contre l’impossible), trouve du réconfort à l’idée de tuer quelqu’un, d’agir enfin concrètement pour changer la vie des autres. Sa décision prise, lui, qui jusqu’à présent n’arrivait plus à vivre, à respirer, à apprécier la vie (et à faire l’amour), redécouvre la vie, le désir, l’appétit et croit alors avoir accompli le crime parfait tout en œuvrant pour le bien commun.

Et bien sûr au passage, il se tape son étudiante Jill (Emma Stone — qui peut lui en vouloir ?) qui, évidemment, est folle de lui et de son bidon : on est dans un film de Woody Allen quand même. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes friqué-intello-baiseur jusqu’au jour où son étudiante découvre sa responsabilité dans le crime et surtout qu’un autre homme va être accusé du crime. Refusant de prendre acte des conséquences de son geste, Abe tente de se débarrasser de Jill, violant par la même son provisoire code moral.

Woody Allen semble donc découvrir que le problème de l’engagement ne se situe pas vraiment dans les formes de ce dernier (paroles, actes) mais bien dans l’acceptation de ses conséquences. Plus d’une heure de film, de propos mièvres relevés de quelques citations philosophiques et de scènes pittoresques sur un campus friqué américain pour changer, le tout soutenu par une voix off forcément très littéraire et nous voici dans le plus conventionnel des films de Woody.

Y -a-t-il un monde en dehors des campus américains ? En dehors des universitaires friqués ? En dehors des relations juvéniles entre une jeune femme percluse d’amour pour son bedonnant d’amant qui lui se réserve le droit de tempérer ses ardeurs ? Chez d’autres réalisateurs, oui. Dans l’univers de Woody Allen visiblement non. Est-il coincé dans une bulle spatio-temporelle qui ne lui permet plus de voir autre chose que lui même ? J’en ai bien peur. J’ai connu Woody Allen plus mordant, plus cynique et plus sarcastique.

Sinon pour passer le temps, parce qu’on s’ennuie ferme, on peut admirer le bidon de Joaquim Phoenix (pas à son avantage dans ce film) et les magnifiques robes (très courtes) d’Emma Stone. La scène de l’ascenseur nous a fait espérer quelques vues sur sa petite culotte, mais il n’en est rien. Zut !

J’aime beaucoup cette robe, même si elle est un peu trop courte à mon goût.

 

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