How I Live Now de Kevin Macdonald

Adaptation d’un roman de jeunesse éponyme de Meg Rosoff, auteure américaine qui a surtout écrit pour la jeunesse et dont le premier roman, How I Live Now a remporté de nombreux prix. J’avoue à ma grande honte avoir lu ce roman il y a quelques années mais ne me souvenant absolument pas de la fin, j’ai des doutes sur le fait que je l’ai terminé. L’adaptation est réalisée par Kevin MacDonald, cinéaste écossais, a qui l’on doit notamment Le Dernier roi d’Ecosse (2006) et la version américaine de State of Play (2009, transposition de la série anglaise).

Elisabeth (Saoirse Ronan), qui préfère qu’on l’appelle Daisy, débarque en Angleterre pour y passer l’été avec ses cousins. Son père l’a éloignée du domicile familial, car visiblement Daisy ne s’entend pas avec sa belle-maman et le couple venant d’avoir leur premier enfant, Daisy est de trop (enfin elle explique son exil comme cela). En arrivant, elle découvre un pays en proie à l’état d’urgence, Paris vient d’être victime d’une attaque nucléaire, l’armée est donc en patrouille dans tout le pays.

Elle fait la connaissance de sa famille d’accueil anglaise : une famille un peu bohème, la mère est souvent absente, le père est inexistant, les enfants (deux garçons et une fillette) vivent seul et se débrouillent du mieux qu’ils peuvent. Peu après son arrivée, Londres est elle aussi victime d’une attaque nucléaire. La mère étant justement absente pendant l’attaque, les enfants se retrouvent complètement isolés dans un pays en guerre. Bientôt les autorités décident de protéger les populations en les envoyant dans des camps surveillés. Daisy reste avec Piper, sa jeune cousine, mais est séparée de deux garçons, Isaac et surtout Eddie, son amoureux.

Un film étrange qui mêle une écriture (et une réalisation) plutôt enfantine à des thématiques adultes. Le début du film se focalise en effet sur l’acclimatation de Daisy dans cette famille un peu grand-guignolesque, puis sur ses premiers émois envers Eddie (la scène dans laquelle elle s’écorche le doigt est à mourir de rire). Toute cette partie fleure bon la mièvrerie adolescente et le jeu de acteurs ne parvient pas à donner un peu plus de corps et de complexité à l’ensemble. On baigne dans une complète naïveté et l’ennui n’est pas très loin.

Puis vient la guerre. Le film aborde alors sans équivoque les grandes thématiques liées à un conflit : viols, meurtres de masse, exécutions sommaires, traumatismes. Sauf que le jeu des acteurs et la mise en scène restent en phase avec le début du film, ce qui donne une impression de décalage assez hallucinant entre le profil des personnages (de gentils naïfs) et les expériences vécues. Certaines scènes sont d’ailleurs surprenantes venant de l’adaptation d’un livre de jeunesse car habituellement dans ce genre de littérature la mort, la violence, la torture ou le viol ne sont jamais abordés frontalement mais éventuellement évoqués. Est-ce un apport du réalisateur ou est-ce que le roman se permettait d’aborder frontalement ces thèmes ? Je ne peux le dire, ne me souvenant pas de ma lecture, mais en tout cas la confrontation des deux — un univers romanesque plutôt enfantin et un point de vue plutôt cru sur des thèmes adultes — est déroutant.

Déroutant et artificiel car l’évolution des personnages ne semblent pas prendre en compte les expériences qu’ils vivent. Ils ne changent pas vraiment et restent finalement les mêmes après guerre, une vague tristesse en plus du fait de ce qu’ils ont vécus. Et le plus surprenant réside peut-être dans le choix du réalisateur, Kevin Macdonald qui visiblement n’a pas réussi à résoudre ce décalage et livre ici un mauvais film.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s