Frank Auerbach à la Tate Britain

Frank Auerbach est né le 29 avril (hé!) 1931 à Berlin. Il a perdu une grande partie de sa famille dans les camps nazis et ne doit sa survie qu’à la décision de ses parents de l’envoyer en Angleterre en 1939, alors qu’il n’a que huit ans. Il vit et travaille depuis à Londres, dans son studio à Mornington Crescent, lieu qui apparaît souvent dans ses peintures (portraits ou paysages). Cet artiste encore vivant est exposé à la Tate Britain. Son fils a réalisé un documentaire sur son travail dont on peut voir un extrait dans le hall d’entrée de l’exposition. 

Il peint avec de la peinture à l’huile ainsi qu’avec de l’acrylique selon une technique toute particulière. Pendant longtemps, à chaque fois qu’il retouchait un tableau jusqu’à ce qu’il en soit satisfait, il ajoutait des couches au travail précédent. Ce qui fait que ses premiers tableaux sont comme en relief, extrêmement épais avec souvent l’impression que la peinture a été juste déposée sur la toile à même le tube sans y être étalée par quelque pinceau. Par la suite (le changement se fait apparemment vers les années 60), sa technique évolue : il enlève ce qui ne le satisfait pas et recommence intégralement la toile. Ce qui donne cette fois la fausse impression que ces toiles ont été peintes en un seul élan, alors qu’elles ont parfois nécessité 20, 30 voire 50 recompositions.

Frank Auerbach, Self-portrait, 1958

Pour ses paysages, il travaille à partir de dessins faits sur place, qu’il retravaillent dans son studio. Quant aux portraits, les sujets posent pendant plusieurs jours, ce qui fait que les couleurs et l’atmosphère du tableau peut évoluer au fil du travail, des éléments disparates peuvent alors coexister jusqu’à ce qu’il trouve un unité même abstraite au tableau. A l’exception de quelques toiles, il utilise énormément les couleurs, ce sont d’ailleurs ces dernières qui donnent sa structure au tableau. Dans l’extrait proposé dans le hall de l’exposition, il explique son attachement aux sentiments et au fait que l’artiste se doit « d’être dans la toile », d’où le caractère très abstrait parfois de ces paysages ou de ses portraits.

L’exposition comprend sept salles. L’accrochage des six premières salles a été choisi par l’artiste. Leur organisation est chronologique et Auerbach a voulu ne pas faire de lien entre les œuvres exposées dans une même salle, pour « forcer » le visiteur à considérer ces dernières comme des unités propres et non à les comparer entre elles. L’accrochage de la dernière salle a été confiée à la commissaire de l’exposition, qui est aussi le modèle d’un nombre important de portraits. Presque logiquement (et à l’inverse des premières salles), des rapprochements entres certaines œuvres composées pourtant à des moments différents sont imposés au visiteur (ce qui ne les rend pas moins judicieux).

Frank Auerbach, Interior Vincent Terrace, 1982-84 (si quelqu’un voit le chat, je suis toute ouïe).

Un artiste que je découvre. J’ai de loin préféré ses tableaux monochromes (première salle de l’exposition) à ces tableaux en couleurs (alors qu’ils sont beaucoup plus nombreux). Et parmi les œuvres en couleurs j’ai moins de difficultés avec les portraits, alors que ses paysages me laissent complètement désemparée (pour faire simple, je ne vois rien). Je crois que ce qui me gène le plus dans son travail c’est la texture de ces peintures : épaisse, paraissant peu soignée, et presque inachevée. Quant à ses propos sur les sentiments dans la peinture, je n’ai pas réussi malheureusement à les raccrocher à son travail.

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