Macbeth de Justin Kurzel

Sorti fin 2015, dans une relative indifférence, réalisé par Justin Kurzel, cinéaste australien dont c’est ici le troisième film, ce film avait été présenté à Cannes en compétition officielle et je crois me souvenir qu’à l’époque les critiques étaient peu élogieuses. Voici donc Macbeth, tragédie de Shakespeare, retraçant le règne de ce dernier (1040-1057), Thane de Glamis, devenu roi du Moray puis, après avoir éliminé son adversaire le roi Duncan II, devenu roi des Scots. Shakespeare en fait un être dévoré par son ambition, puis par sa culpabilité. Macbeth tout comme sa femme, sombre peu-à-peu dans la paranoïa, jusqu’à sa mort, en 1057, quand Malcom Canmore, fils du décédé Duncan, le tue à la bataille de Lumphanan.  La pièce est réputée pour la troisième scène de son acte I, quand, après une bataille menée par MacBeth pour défendre son roi contre les Norvégiens et leurs alliés irlandais et qui va faire ce dernier le Thane de Cawdor, les trois sorcières (les « Wyrd Sisters ») rencontrent le Thane et son ami, Banquo. Elles prédisent que Macbeth deviendra roi et que Banquo, qui ne sera jamais roi, aura par contre une descendance qui le deviendra.

Après avoir tellement entendu de mal de cette adaptation, on est plutôt surpris de découvrir un film certes sans relief mais au point de le traiter de nanar vulgaire comme certains. Visuellement, le travail sur l’image est à la fois extrêmement beau (merci les paysages d’Ecosse !) et trop maniéré (il faut arrêter avec les ralentis dans les scènes de bataille, c’est cliché et cela ne sert à rien, et les filtres rouges sont omniprésents). Michael Fassbender ne s’en sort pas trop mal dans son interprétation de Macbeth, au contraire de Marion Cotillard qui en fait toujours trop.

Le seul (gros) reproche que l’on peut faire à ce film réside non dans sa photo ou sa direction d’acteur mais plus dans l’interprétation qu’il donne de la pièce : c’est très fade. L’intrigue de Shakespeare parait très plate, sans envergure tout comme la majorité des scènes du film malgré le recours aux ralentis, aux effets de manche pour en mettre plein la vue. Aucun souffle diabolique donc dans ce film mais le récit  classique d’une ascension tâchée par le sang. Même la scène des Wyrd Sisters passe vite, tombe un peu à plat, et ne permet pas d’en ressentir toute la portée dramatique, de comprendre qu’elle est le noeud de la tragédie. Alors oui, faire un film  médiocre avec un texte de Shakespeare, c’est plutôt ballot et cela démontre l’incroyable incapacité du réalisateur. Mais encore une fois, on a vu pire, y  compris à Cannes, y compris dans les pages élogieuses de certains journaux.

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