Dancer de Colum McCann

URSS, après guerre. Rudi vit au sein d’une famille pauvre d’origine tatar dans la ville isolée d’Ufa. Peu de perceptives d’avenir s’offrent à lui, la ville est perdue loin à l’est de Moscou, la région est pauvre et la survie y est difficile. Rudi rêve pourtant de devenir danseur étoile, un rêve étrange et compliqué pour un enfant né dans cette région du monde. Mais sa rencontre avec d’anciens danseurs professionnels va lui permettre de nouer des contacts avec le monde de la danse. Repéré pour son caractère et ses incroyables qualités physiques, Rudi est accepté dans les plus prestigieuses écoles russes de danse. Il devient bientôt un danseur reconnu nationalement et le pouvoir soviétique rêve alors de l’utiliser pour promouvoir le régime à l’étranger … oubliant au passage qu’un danseur est avant tout un être libre. Biographie romancée du danseur Rudolf Nureyev, écrite par Colum McCann et publiée en 2003. A l’époque, il s’agit de son cinquième ouvrage et de son troisième roman. Ce roman est divisé en quatre parties, de la jeunesse de Nureyev qui se produit enfant devant les soldats blessés revenus de la guerre, jusqu’à son retour dans les années 80 auprès de sa mère mourante, après un exil hors d’URSS de plus de vingt ans.

Figure centrale du roman, il en est pourtant presque absent, puisqu’il n’est pas narrateur de cette histoire : ses propos sont rapportés, à l’exception d’un journal intime finalement peu éloquent sur le personnage. Les narrateurs sont alternativement des membres de sa famille, ses professeurs de danse ou ses partenaires professionnels (parfois plus). La biographie et surtout le caractère de Nureyev se dessinent donc par l’intermédiaire de ceux qui l’ont connu, qu’ils l’aient aimé ou non. L’ensemble du roman dresse le portrait d’un homme peu affable, dévoré par sa passion, obsédé par son travail, ses entraînements, avide de perfection et de beauté … comme tout artiste finalement.

Un passage du roman m’a particulièrement plu parce que sa forme littéraire réussit à rendre compte du caractère unique du personnage et nous laisse dans le même état de stupeur que le spectateur le regardant danser. J’ai eu l’impression qu’à ce moment-là, l’auteur parvenait à toucher quelque chose du mythe Nureyev.

You see him taken under Aleksandr Pushkin’s wing; you see him reading constantly because Pushkin has told him that to be a great dancer he must know the great sotries and so, in the courtyard, he bends over Gogol, Joyce, Dostoyesky; you see him curl into the pages, and you think that he has somehow become part of the book, and you think that whenever you read that book in the future you will be reading him.

You see him and ignore him, but somehow begin to think of him even more; you see him tear a ligament and you delight in the news but then you watch him dance and wonder if your hatred helped healed his ankle; you see him, before class, pratice Kitri’s variation, his feet in half-high-pointe, everyone staring in amazement, he is dancing a woman’s role and even the girls wait around to watch; you see him studying the original Petipas, getting to know them inside out so he can show you any combination with his hands, the fingers themselves a complicated ballet, though and fluid; you see him respond to Pushlin with silence and respect, you even hear him calling Pushkin by the familiar name of Sasha; you see him haul the others students short when they miss a step and you see the way he accepts their stares, their shouts, their small hatreds; you see him stride into the office and call the director a fool and you see him step away from the outrage smiling; later you see him weeping uncontrollably for he is sure he will be sent home and later again you see him doing a handstand outside the director’s office, an upside down grin on his face, until Pushkin emerges, having saved him once again from expulsion.

Par contre sur l’ensemble du roman, je n’ai pas vraiment compris quel intérêt avait ce danseur pour Colum McCann. Que veut-il nous dire à travers cette biographie romancée ? Pourquoi Rudolf Nureyev ? J’avoue ne pas comprendre pourquoi l’auteur s’est intéressé à cet artiste et pour ma part ne m’ayant jamais intéressée à Nureyev avant, je n’ai que péniblement suivi l’intrigue du roman. L’ambiance du livre m’a également posée problème. J’ai eu parfois l’impression que cette narration ne prenait pas pied dans son époque : les descriptions de l’Etat soviétique sont assez convenues tout comme celles concernant les milieux artistiques des deux côtés de l’Atlantique. Les personnages semblent évoluer dans un espace-temps indéfini auquel l’auteur n’accorde que peu d’importance. Et pourtant quelle époque pour un artiste russe.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s